SCÈNE V
DUNKAN, DONALD.
DONALD
Votre fils, IMonseigneur, veut épouser Edma.
DUNKAN.
Sans doute.
DONALD
Rien de mieux. Que toujours il l'aima,
290 I.'HÉlllTAGE DU MAL.
O» le sait, comme aussi, qu'il plaîl fort à la dame ; Mais, peat-il l'épouser? csl-elle veuve ou femme? Voilà ce qu'il faudrait savoir auparavant, Seigneur, et si Randolph , cru mort, n'est pas vivant.
DU.NKAN, étonné.
Vivant !
OONALD.
Oui, Monseigneur. Je sais qu'après sa fuite, r,eux qu'en vain vous aviez lancés à sa poursuite Vous apprirent, d'abord, son prompt embarquement; lit que, plus tard, trois ans après l'événement. Le baron Mac-Dougal, fort croyable, sans doute, .lura qu'en terre sainte, au soir d'un déroute. Il avait reconnu Randolph parmi les morts. Je sais cela, Seigneur.
DUNKAN , (l'un air soupçonneux.
Eb bien?
nONALD.
Eb bien! alors, La chose, j'en conviens, est faite pour confondre ; Mais, moi, j'ai vu Randolph.
UUNKAN, de même.
Vous !
DONALD
Moi ! Seigneur, à Londr.
Le huit du mois dernier, un jour de grand tournois, Dans la foule, à deux pas, vu comme je vous vois.
DUNKAN.
Randolph!..
DONALD
Randolph ! — Jugez quelle fut ma surprise. D'abord, j'appréhendai quelque étrange méprise. Non; c'était lui. Seigneur; je ne me trompais pas. Que faire, alors? Ne plus le quitter d'tui seul pas. Le suivre, l'épier , découvrir sa demeure... Le reste allait de soi;— mais, lors(|ii'arriva l'hoiiro Où s'éronla la foule, emporté, ballollé