ACTE 1 , SCÈNE V. W
Par tous ces flols de gens poussant de tout côté , Je le perdis. — Les jours suivans, courant la ville, J'allai, je m'informai partout ; — peine inutile ! Partait-il ce soir-là ? m'avali-il reconnu ? Bref, je n'ai pu savoir ce qu'il est devenu.
DUNKAN.
Vous n'avez pu savoir! Que faire, alors?
DONALD
Que faire ?
Repartir, parcourir l'Ecosse, l'Angleterre... Que vous dirai-je, enlin ? répandre l'or partout , — A pleines mains; car, l'or, vous le savez, c'est tout. — Pas de plus sûr limier pour vous traquer un homme.
DUNKAN.
Oui ! — Si bien qu'il vous faut quelque notable somme...
DONALD
Pour me charger de tout.
DUNKAN.
Je conçois. — Seulement, Le tour n'est pas heureux, Messire, et, franchement. Vous pouviez trouver mieux que cette absurde histoire.
DONALD, Stupéfait.
Quoi! Seigneur, vous croyez...
DUNKAN, sévèrement.
Je crois ce qu'il faut croire.
Que Mac-Dougal a vu Randolph, qu'il l'a vu mort; Que l'anneau qu'il lui prit confirme son rapport, Et qu'il n'est pas besoin d'autres preuves. Ensuite, J'ajouterai, qu'avant de nous faire visite, L'oflicieux Donald, peut-être, eût dû penser Que nous l'avions déjà supplier de cesser...
De cesser!..
DUNK.AN.
Et qu'enfin, Messire, on s'aventure, .Venant à nous masqué d'une telle imposture.
DONALD
D'une imposture!., soit, Monseigneur, brisons là. Aussi bien je n'ai rien à répondre à cela. Mes services anciens me semblant de nature A se pouvoir passer d'une telle impostui'e.
DUNKAN, d'une voix sombre.
Vos services, Monsieur...
DONALD
Oui, Monseigneur, les mien».
Tout bon vassal à droit de rappeler les siens.
DUNKAN.
Le plus sur est pourtant de moins parler des vôtres.