‹ Œuvres dramatiques de Camille BernayChapitre 236 sur 391 · ACTE I , SCtNE VJll · texte numérisé non relu

ACTE I , SCtNE VJll

la renvoie au péclicur en céleste rosée, J'atteste ici le Christ, j'atteste mes douleurs, i)iie j'éteindrai pour vous l'enfer avec mes pleurs.

DUISKAN.

Oui ! puisse Dieu bénir tes pleurs et tes prières !..

Et maintenant retiens ces paroles dernières :

Je meurs damné ! — mais toi, si jamais tu m'aimas.

Du moins ne flétris point ma mémoire ici bas ;

Que mon tombeau, mon (ils, demeure sans souillure !

l' ERG us.

Sur ma part du salut éternel, je le jure.

DUISK.AN, dont la voix s'afTaiblit.

Je reçois ton serment; comme aussi je n'ai plus I>ong-temps à te parler. — Eh bien ! moi mort, Fei-gus, Songe à quel abandon, à quelle rude épreuve. En flétrissant Randolph,jc condamnai sa veuve... Et... mais, où donc es-tu ?

FERGUS

Qui? moi, mon père?

DUNKAN.

Oui, loi.

Mes yeux... je ne vois plus... Robert, pitié pour moi !

(11 tombe à la renverse sur le fauteuil.) FERGUS, épouvanté.

Mon père! A l'aide ! un prêtre !.. ô mort terrible et prompte

(Courant à la porte du fond et l'ouvrant.] A l'aide !

SCtNK VIII.

FERGUS, MAC-DOUGAL, DAVID, DONALD, et d'autres Seigneurs.

FERGUS, les voyant entrer.

Amenez-vous un prêtre?

MAC-DOUGAL

Pour le comte !

Comment?

FERGUS, leur montrant son père, et s'agenouillant près de lui.

Regardez tous.

MAC-DOUGAL

Grand Dieu! déjà glacé!

Déjà!..

(Se tournant vers Donald,)

Vous nous disiez, son mal ayant cessé.

Que seul avec son lils Monseigneur voulait être.

FERGUS, se levant.

Qui disait cela?

DONALD

Moi, d'après votre ordre.

FERGUS, comme frappé.

0 traître !

D'après...

(Allant vers Donald, et baissant la voix.)

Si dans une heure on vous retrouve ici... Vous m'entendez. Monsieur. —

(Il retourne vers son père.) DONALD, ù part.

Oui ! l'on nous truite ainsi!

Page 1