ACTE H , SCÈiNE III
AnONDEL.
Miracle !
PATRICK
F,n quoi , miracle?
AnONDËL.
La folio Escortant la sagesse.
l'ATBlCK.
Et la mélancolie, Qui plus est ! Au surplus, je vous trouve à propos.
(Au Pèlerin, lui montrant Arondel.) Homme triste, voyez ce seigneur : frais, dispos. Toujours content, chantant, d'allure satisfaite. Or, d'où lui peut venir la mine qu'il s'est faite? <Vest qu'il comprit toujours, retenez bien cela. Qu'un sage doit user des appétits qu'il a; Que ces contentemens qui mettent l'homme en fête. Poussent de l'estomac, pour lleurir dans lu tôle. Et, partant, qu'il convient se nourrir de son mieux. Puisque les ventres pleins font les esprits joyeux.
AUONUEL, se levant.
Superbement prêché! Qu'en dites-vous, saint homme?
DONALD, au l'ôlerin.
Oui, parlez.
(Au fou.)
PATUICK.
Quoi?
DONALD
Sais-tu comment on nomme
Ce pèlerin?
PATKICK.
Moi? point.
DONALD
Alors, tu ne sais pas
ilJ 1,'HÉRITAGE DU \\M..
Ce qu'il est ?
PATRICK
Nullement. Je le irouvai là-bas, Dehors, et le jugeant d'abord, à la tournure, Pour un de ces coureurs de pieuse aventure. Qui vous ont bravement endossé le harnois Pour se faire rosser par les Sarrazinois, Je l'abordai... Si bien, qu'ensemble nous causâmes. Et que, toujours causant, ensemble nous entrâmes. C'est tout ce que j'en sais.
DONALD
Merci, Patrick, c'est bien.
(A part, tandis que Patrick cause avec le Pèlerin.) Serait-ce lui?.. C'est là sa taille, son maintien ; Tout enfin... Et, pourtant, qu'à ce point il s'expose! Hum !.. Je ne voudrais point faire un éclat sans cause. Comment donc arriver à voir clair dans ceci ? Si la comtesse...
(Apercevant le coriége, il s'avance de ce côté.) Eh ! mais, justement la voici.
ARONDEL, de la table de jeu.
Quoi donc?
DONALD
Nos fiancés qui vont à la chapelle.
ARONDEL, se levant, et venant faire groupe avec tous les seigneurs.
Bah! déjà?
(Dans ce moment passent dans le fond Edma et Fergus avec leur suite. Donald observe le pèlerin, qui demeure impassible.)
Jour de Dieu! que la future est belle !
DAVID
D'accord ; mais pourquoi pâle ainsi , les yeux baissés ?
MAC-DOUr.AI..
Ht Monseigneur... voil-on beaucoup de liancés
ACn- II, SCÈNE IV. SIS
Avec celte (iéniarche et ce front vers la terre? Il semble suivre encor le convoi de son père.
ARONDEL
Par Baccbus! tout leur semble un mystère, à présent! Voulez-vous pas qu'il aille à l'église en dansant?
DAVID
Mais enfin, Arondcl...
AHONDEi,, montrant une dame.
Mais, voici ma voisine De ce matin... ce qui vaut mieuv. Femme divino ! Devant deux yeux plus beaux jamais on ne pria. Et je lui vais conter quelque Ave Maria.
(Aux SeiKneurs.) Venez-vous?
(Les Seigneurs le suivent avec Patriclc.) DONALD.
Je le suis.
(A part, considérant le pèlerin.)
Rien... nul signe visible Des troubles du dedans... contenance impassible ! Metroinpé-je?... Je veux l'épier, voir d'ici Ce qu'il va Taire seul.
(Il son.) SCÈNE IV.
UANDOLPH, seul.
Dieu puissant ! elle aussi !
Ce dernier coup m'accable... ô menace expiée! Sacrilège colère âprement châtiée !
Me faut-il donc après mon père massacré , Mon blason avili, mon nom déshonoré.
Voir ainsi ce Fergus. digne liis d'un infâme,
Slft L'HÉRITAGE DL MAL.
Compléter ma misère en usurpant ma femme !
Eh bien ! tant mieux!., encore une oft'ense!.. et d'abord,
Voyons... depuis deux ans, je passe ici pour mort.
(Tirant un missel de dessous sa robe.)
Remettre ce missel moi-même , me hasarde...
Et, pour un jeu plus sûr, mieux vaut que je me garde.
(Avec explosion d'ironie.) Puis, d'ailleurs , à quoi bon un pareil rendez-vous ? Elle n'a qu'à m'y vendre à son nouvel époux. Lui, son époux!.. Pourtant, si je fus parricide , Elle lésait!.. Eh bien! voilà qui me décide... Je jetterai ma vie à travers leur amour. Et, par là, beau cousin, si je puis, quelque jour. Pour prix de tous les vols dont ta grandeur est faite. Une heure seulement te tenir tête-à-tête... Nous verrons...
(S'arrétant lout-à-coup en entendant la voix de Patrick.) Hein !
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