‹ Œuvres dramatiques de Camille BernayChapitre 27 sur 391 · ACTE II , SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE II , SCÈNE VI

niCHAHO.

A loi que j'adore.

Que j'aime!

MARIE

Vous m'aimez, — peut-être pour deux jours; Moi, c'est de si bon cœur quand j'aime, et pour toujours!,.

BICnARD.

Et j'atteste ici Dieu de mon ardeur constante.

MARIE

Tout en faisant pourtant les yeux doux à ma lanlc.

nicnAno.

Vous savez bien pourquoi : votre tante saurait Pour qui je viens, de suite elle uie traliirait; Au lieu qu'elle se lait, croyant qu'on se déguise Pour elle, et nous trouvant, il paraît, à sa guise.

MARIE

N'importe, c'est bien mal; et tout ce que je vois,

C'est que vous lui parlez d'une très douce voix.

Avec des yeux. Dieu sait! —Or, matante, elle est belle.

Très belle; je ne suis qu'une sotte auprès d'elle;

Je suis laide; je n'ai ni grâce, ni beauté.

Moi, je n'ai que mon cœur.

RICnARD.

Douce simplicité î « Et si ce cœur est seul tout l'espoir de ma vie ! ))Va, crois-moi, tendre enfant, ne porte point envie »A ces airs engageons, mutins, capricieux, ))Par où mainte coquette attire à soi les yeux. »Tout son attrait vanté tombe avec sa parure : «C'est Vénus dépouillant sa puissante ceinture; ))Et comme les yeux seuls sont ce qu'elle a séduit, »Touche-t-on à l'idole et le charme est détruit! "Mais toi, le ciel n'a pas plus éternelle ilamme »Que ces rayonnemensdont tu me remplis l'aine. » Saint transport dans lequel tout autre est oublié; «Fort comme le désir, pur comme l'amitié.

Page 1