‹ Œuvres dramatiques de Camille BernayChapitre 292 sur 391 · ACTE V. SCÈ.NL \ II · texte numérisé non relu

ACTE V. SCÈ.NL \ II

Toi, lâche, toi, laquais doublé d'un assassin, Tu croyais me tenir !.. Erreur, erreur terrible ! Regarde: tout est clos... pas de fuite possible! Tu l'es pris dans ton piège... et c'est moi qui te tiens.

Comte, vous oubliez...

FERGUS

Mon pas ; je me souviens.

Je n'ai rien oublié, Donald, pas plus tes crimes Que tes prudens conseils, que tes sages maximes ; Car, vois : tu me disais que, pour mon intérêt. En finir doucement, sans bourreau, sans arrêt. C'était plus sûr; el moi, ce conseil, j'en profite, Donald, et contre toi. Tu me disais ensuite , Que le passé survit, que rien n'est efl'acé; Kl moi, jetant sur loi, Donald , tout ton passé. Pièces de mort, sanglant fardeau , hideuse enquèie , Je t'envoie aux enfers, ton procès sur ta tèie. Tu me disais, enfin, d'une alègre façon. Car, chez toi, joie et mal prêchent à l'unisson , Et qui voudrait creuser cette joie cUrayanle, Croirait voir quelque bouge où l'on tue et l'on chante. Tu me disais : Seigneur, que vous m'obligeriez En me débarrassant des Juifs, des usuriers! Pas de paix avec eux!.. Et moi, pour te complaire. Moi, je t'en débarrasse... Eh bien ! joyeuse alVaire ! Ris donc !.. plaisante encor. Sois donc gai jus(|n'au bout ! Ris donc... je vais payer tes dettes d'un seul coup.

DONALD, dans le plus grand trouble.

Si vous pouvez. Je puis crier, briser la porte.

(Tirant son épée.) Enfin, je suis armé , songez-y.

Que m'imporic ?

Va, lire ton épée, arme-toi, défends-toi. i.es colères de Dieu combalient avec moi. Et c'est lui qui, là-haul, (lé<rcl;inl ton supplice,

378 LHÊBITAGK DU MAL.

Me nomme exécuteur de sa grande justice. Tremble donc!.. Nul répit pour toi... l'ordre est donné. Ce paiement ne peut plus, Donald, être ajourné ; L'échéance est venue... Aux enfers , chien infâme! Va vers le créancier à qui tu dois ton âme.

(Il fait sauter l'épée de Donald, et le frappe. Donald tombe

près du balcon.)

DONALD

A l'aide!

(On frappe.)

FERGUS

Eh quoi ! l'on frappe !

(Se jelanlsur Donald comme pour l'étouffer.)

Oh ! tu ne cri ras pas!

DONALD, se débattant.

Au meurtre ! on m'assassine !

(Dans la lutte, il se dresse droit contre la balustrade du balcon. On frappe de nouveau.) FERGUS, à Donald.

Encor ! tu te tairas.

(Il le précipite par dessus le balcon. — Nouveau bruit.) VOIX, aux deux portes.

Monseigneur! Monseigneur! ouvrez...

FERGCS, leur répondant.

Dans la minute...

Tout à l'heure.

(Pensant à Donald.)

Il a dfi se briser, dans sa chute.

(Il va se pencher an balcon.) Oui, oui, brisé. Je puis leur ouvrir à présent... Je puis...

(On frappe de nouveau.)

FKnui'S, allant ouvrir.

Kniroz.

Seul î

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