‹ Œuvres dramatiques de Camille BernayChapitre 295 sur 391 · ACTE V , SC.L.VE IX · texte numérisé non relu

ACTE V , SC.L.VE IX

Reprends l'honneur , le rang que j'usurpais sur lui; Car,' l'assassin, Seigneurs, cet assassin, c'est moi.

(Stupéfaciion de tous les Seigneurs.)

RilNDOLPH, courante Fergus.

Toi!..

FEncus, bas, l'interrompant.

Ne me démens point... le moment est suprême... Tu mourais pour les tiens, et moi je fais de môme.

(Dans ce moment entre Patrick.)

RANDOLPH, soutenant Fergus.

O noble cœur!

FEHGUS.

Vos mains; car, déjà, le poison...

Je...

(il tombe mourant dans les bras de Randoiph.)

PATRICK

Le poison !.. Ali ! oui, le llacon ! le llacon ! (n s'en saisi! et l)oit le reste; puis, mettant un genou eu terre, il soutient dans ses mains la télé de son maître.)

KUMA.

Fergus !..

PATRICK

Parti! parti!., quoi! ne peuvlu revivre. Mon cher Seigneur? Jamais!.. Allons, je veux te suivre, l'A chanter :

Le bon maître est mort que j'aimais , Chacun , chacun, sa dernière heure.

Le bon maître est mort que j'aimais , Ah I que l'on pleure, que l'on pleure ! H est allé vers la demeure D'où l'on ne revient plus jamais,

Jamais !

Jamais !

Jamais !

(Il tombe expirant sur le corps de son maître.)

hANUOLPH.

Quoi ! tous deux ! 0 spectacle fatal ! 0 mort !..

(A Edma, en s'agenouillant ainsi qu'elle auprès du cadavre. Prions, Edma, pour l'héritier du mal !

FIN DE L'HÉRITAGE Dt MAL.

Ainsi que nous l'avons expliqué en tête de ce volume, le drame de l'Héritage du mal n'a pas été représenté tel que nous le donnons ici. Voici les changemens que Camille Bernay se vit contraint d'apporter dans la conduite de sa pièce. Sauf quelques modifications partielles que rendait nécessaires le complet retranchement du second acte , le premier acte fut maintenu dans son intégrité. Le troisième acte , devenu le second acte, subit de grandes altérations. Il s'ouvre par un monologue de Randolph, pâle imitation de celui qui se trouvait dans le troisième acte de la pièce primitive. Ce nouveau monologue est interrompu par les funérailles du vieux Dunkan. C'est le seul fragment que nous ayons cru devoir conserver de la pièce représentée. Il nous semble à la hauteur des plus remarquables productions de Camille Bernay. Le voici :

Le théâtre représente , dans le fond , l'angle de l'abbaye de Saint-David , et le tombeau des comtes de Lanark. A droite , au premier plan , des arbres et un chemin. Il fait nuit pleine. La lune éclaire faiblement. Randolph prononce le serment de venger la mort de son père et de réhabiliter sa mémoire, lorsque, tout-à-coup, il est interrompu par des chants funèbres.

HANDOLl'H.

....Mais, qu'entends-je? Ames de mes ancêtres, Serait-ce donc vous? vous , qui, voyant par les trjîtres , Ma grandeur usurpée et mon honneur déuuit , De la sorte , sur moi , gémissez dans la nuit !

Plainte lugubre! Allons !.. est-ce que Randolpli tremble? Ecoutons bien... Le bruit s'approche , ce me semble. 11 devient plus distinct , et l'on dirait vraiment... Oui , l'on dirait des chants pour un enterrement.

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