SCÈNE II
MAUBRAY, PIERRi:.
MAUBBAY.
La ravissante enfant! d'un esprit vif, coquet...
Et qu'on m'en dise un peu la raison, si ce n'est
Pour n'avoir jamais lu ni roman, ni poème.
Non comme sa maîtresse, hélas! femme que j'aime,
Qui plus est; la rêveuse Hélèna d'Etiolys,
Qui soupire, dit-elle, en regardant un lys.
Qui pleure en contemplant une étoile... que sais-je?
Qui va plus loin : faisant, ce dont Dieu nous protège ! —
Des vers! — de petits vers pleins d'exquises douceurs.
Comme on en peut trouver chez tous les confiseurs. —
0 disgrâce ! et près d'elle, — admirez ma folie ! —
Vers, jargon vaporeux, tout cela, je l'oublie.
Et, mon cœur empêchant mon esprit de blâmer,
Sitôt que je la vois, je ne sais plus qu'aimer.
Sur quoi, force raison : de tels défauts, me dis-je.
Sont de ceux, après tout, qu'aisément on corrige ;
Et, plus tard, si j'arrive à l'épouser... d'où suit
Qu'en attendant, auteur d'un livre qui fait bruit,
Koman tel qu'à ses yeux il passerait pour crime.
Je n'ose me nommer, je prends un pseudonyme.
Me déguisant ainsi pour lui plaire... En un mot,
lîlant très amoureux, — c'est-à-dire très sot...
Craignant...