‹ Œuvres dramatiques de Camille BernayChapitre 303 sur 391 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

PLATIGNY, qui ne l'a point aperçu d'abord, allant vers lui avec empressement, et ne lui lâchant pas la main pendant les deux premiers vers.

Hé 1 bonjour, mon bon ! Je suis ravi... Voici plus d'un grand siècle, au moins, qu'on ne vous vit !.. Cette santé?

MAUHRÂY.

Fort bonne. Et la vôtre?

PLàTIGNY.

Hum !.. fragile.

(Il tire une petite traite de son gousset, prend une pastille et en offre à Maubray.)

En prenez- vous?

MAUBRAV.

Merci.

PLATIGNY, mâchonnant sa pastille.

La poitrine débile.

C'est le chant qui me tue. —

(Avec un éclat de fausset.)

Ah ! Mathilde ! — A propos, Vous ne connaissez point mes deux derniers chevaux ?

MAUUHAY.

Moi ? Non.

PLATIGNY.

Anglais pur sang, deux bétes magnifiques!

MAUBRAY

Trois bêtes ?

PLATIGNY.

Trois? Non, deux. —

(Faisant une pirouette et s'arrétant tout-à-coup devant des

tableaux.)

Les beaux cadres! Gothiques?

MAUBRAY

(îothiqucs.

390 LE PSELDpNYME.

PLATIGNY.

J'en suis fou ! J'ai deux Decamps chez moi, Des cadres merveilleux !

(En disant ces derniers mots, il s'est appiroclié du piano, et fait une gamme.)

C'est un Hertz, que je croi.

MAtBRAY.

Un Hertz.

PLATIGNY.

Gomme le mien. — Beau bois ! du palissandre ? — J'aurais voulu qu'hier vous eussiez pu m'entendre. Je chantais... comment donc?..

(D'une voix de fausset effrayante.)

Accords délicieux...

(Voyant entref Blancion, et lui souriant.)

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