SCÈNE V
PLATIGNY.
0 ui ? Tli iers! Gomme moi-même.
Je connais tout le monde. — En soi. Tamliurini M'en loua fort. — Un air dei Puritani.
(Il pousse un son quelconque.) MAUBUAY.
Ail! très bien.
PLAflGiNY.
Vous trouvez, hein? Quelle cliromalique ! Phrase carrée. Aussi, j'adore la musique ! Les Italiens, surtout! Vous savez leur façon : Ouvrant la bouche ainsi, pour élargir le son. Voyez.
(It chanlc.)
Pensa alemen...
J'ouvre la bouche.
Rt'gina...
Afin que la voix sorte ?
Qui mi spinse al iradimento Al tradimen.... en, en, en, ento?
«LANCI0i>.
Est-ce qu'il va long-temps poursuivre de la sorte ? PLATIGNY, qui s'est interrompu un instant, reprend avec emportement.
Pensa alemen...
RLANCION.
Encor!..
PLATIGNY.
Itegina iu pria.
(Ici il est arrêté par une soudaine extinction.) MAUBRAY.
Ma foi ! Bravo ! — Vous montez à ravir.
PLATIGNY.
Ouvré-je assez la bouche?
MÂUURAY.
Autant qu'on peut rouvrir.
PLATIGNY.
Quant à moi, je n'ai rien que des accords en tête. Aussi, sais-je par cœur tout notre grand poète. Quand je le lis, je crois que je sollie un chant. Ce sont de ces beaux vers qu'on aime en se couchant.
MAUISRAY.
Bien jugé !
PLATIGNY.
N'est-ce pas ? c'est doux. C'est quelque chose Qui n'arrête jamais, qui berce et qui repose... Qu'on ne peut achever... Tenez: ce motif-ci...
(Cherchant.)
Et la mer....
BLANCION.
Décidément , il veut nous renvoyer d'ici. PLATIGNY, reprenant.
Et la mer s'apaisait, comme une onde écumanle , Qui s'abaisse au moment où le foyer pâlit...
(Cherchant.)
Pâlit...
El l'urne s'abaissait comme une onde écumante, Qui s'apaise au moment où le foyer... pâlit.
Quel beau son! Comme encor ceci: quelle cadence !
BLANCION, décidé à s'en aller.
Ah!..
PLATIGNY, battant la mesure avec la main et le pied.
Tout vit, tout s'écrie :
C'est lui, c'est le jour l C'est lui, c'est la vie!
C'est lui, c'est l'amour!
Le ciel se replie