‹ Œuvres dramatiques de Camille BernayChapitre 313 sur 391 · SCÈNE YII · texte numérisé non relu

SCÈNE YII

BLANCION, MAUBRAY, PLATIGNY.

PLàTIGNY, courant vers Maubray.

Elle n'aime donc pas?..

MAUBRAY

Ce livre !

PLATIGNY.

Oui.

MAUnRAY.

Votre ouvrage!

PLATIGNY.

Oui.

MAUBRAY

Ce roman auquel vous avez mis la main ! —

PLATIGNY.

Oui.

MAUBRAY

Lorsqu'il vous venait quelque idée en cbcmia.

PLATIGNY, impalienlé.

Eh! oui.—

MAUBRAY, riant.

Vous en vient-il souvent de cette espèce ? Affaire à vous, mon cher. — Le tour est plein d'adresse,

PLATIGNY.

Quel tour?

Quel ? Il est bon.

PLATIGNY , choqué.

Bon!.. Quoi là de si bon Pour qu'on me vienne au nez rire de la façon ? F:st ce qu'on est un sol parce que l'on s'informe

SCliNE VII. 413

Si ce livre...

MAUBîlAY.

Déplaît!.. — O question énorme ! —

(Indiquant Blancion.) Demandez à Monsieur...

nLANCIOK.

A moi?

MAUBRAY

Certainement.

La dame, en plus d'un point, a parlé clairement, Rt vous devez dès-lors en savoir, je suppose...

BLANCION, (l'un ton sec.

Assez, pour vous prier de parler d'autre chose.

MAUBBAY, candide.

D'autre chose, Monsieur, et pourquoi donc ?

BLANClOiN , se retenant pour ne point éclater.

Pourquoi l* fPuis, d'un ton amer.) Vous triomphez, Monsieur.

MAl'BKAY.

Moi, Monsieur, et de quoi ?

D'une lutte où vous seul eûtes tout l'avantage.

BLANCION.

L'avantage! —Tenez, trêve à ce persilllage. Plaisantez Monsieur, soit, puisque cela lui plait...

PLATIGNV.

Hein?

BLANCION.

Mais, chacun n'est point de l'humeur dont il est, Et raiïaire avec moi pourrait tourner de sorte... Bref, assez sur co ton.

MAUBRAV, à part.

Hrave homme, qui s'emporte.

/ilO LE l'SEl'DONYME.

(Haut.) Eh bien! soit, j'ai sans doute été trop loin... mais si...

nL\NCION.

Mais quoi ?

MATJnRAY.

Si vous pouviez voir clair dans tout ceci. Si vous saviez combien plaisant ce qui se passe...

BLANCION.

Plaisant!.. Encore un coup, Monsieur, ce ton me lasse.

MAUBRAY

Vous me comprenez mal.

BI.ANCION.

Trop bien, morbleu!

MAUBRAY

Hé! non.

Ainsi, ce roman...

PLATIGNY.

Oui, ce roman?..

BLANCION.

Est fort bon.

MAUBRAY

Justement. — Qui vous dit le contraire?.. Ce livre...

BLANCION.

Est un livre où les sots devraient apprendre à vivre.

MAUBRAY

Eh ! d'accord ! Ce roman, — voulez-vous m'écouter? Et surtout voulez-vous ne vous point emporter? — Ce roman donc, par moi maltraité. Dieu sait comme, Eb bien ! si, maintenant, Je vous disais qu'en somme Je l'approuve.

BLANCION.

Vous!

MAUBRAY

Moi. Que vous avez sur hu

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