‹ Œuvres dramatiques de Camille BernayChapitre 312 sur 391 · PL A TIC. N Y · texte numérisé non relu

PL A TIC. N Y

Le connaître?

MAUBRAY

Ce qui ne serait point aisé , — Notre homme, ayant, dit-on, pris un nom supposé.

PLATIGNY, d'un air intelligent.

Un nom qui n'est pas sien.

MAunnAY.

Sans doute.

PLATIG^Y.

Un pseudonyme?

Je le connais beaucoup...

IIÉLKNA et MAUBRAY.

L'auteur?..

PI.ATKiiXY.

C'est mon intime'

SCÈNK V7, ftll

MAUBUAY.

Volic...

(A part.)

— A l'autre, à présent. —

(Haut.) Votre intime, i'auieui !

PLATIGNY.

Comment donc ! un ami d'enTance!.. nini de cœur! Avant-liier, encor, ensemble nous dinàmes ; Et, tenez, lundi soir, vous savez?., chez ces dames?.. Nous chantâmes tous deux un divin quatuor ; Car, je dois l'avouer, c'est un fort bon ténor ; Plus, un charmant garçon que j'aime à la folie! Il me vient consulter surtout ce qu'il public; Kh! mon Dieu! me vient-il quelque idée en chemin , Bastc! sans me gêner j'y mets aussi la main. Enfin, le plus souvent, nous composons ensemble,

(Se tournant vers Héléna.)

Ce qui doit, si parfait que ce roman voas semble, Vous faire concevoir comment je ne puis point. Madame, ainsi que vous, l'admirer à ce point.

MAUUnAY, à part.

Ah! c'est mieux.

IIÉLÉNA, à riatigny.

Si bien donc que c'est vous ?

PLATiGNY, s'iuclinant.

En partie; Peu, certes ; mais encor trop pour ma modestie.

MAUBRAY, a part.

De plus fort en plus fort ! —

(Haut, à Platigny.)

Ahl vous êtes... Ma foi!

Jo ne m'en doutais point , Monsieur.

(Premier tourire de INatigny, s'incliuaui.)

412 LE PSELDONYMli.

BLANCION.

Ni moi.

(Deuxième sourire de Platigny, se réinclinant.) .

HÉLÉNA

Ni moi.

(Troisième sourire de Platigny, qui reste courbé.) Non, j'étais loin, Monsieur, de penser, je l'avoue, Voir en vous un auteur qu'à si bon droit on loue.

PLATIGNY.

HÉLÉNA

C'est ce que jamais je n'eusse deviné.

PLATIGNY.

Eh!., eh!..

HÉLÉNA

Jamais, Monsieur, je n'eusse imaginé, Que vous, qui, l'autre jour, nous exaltiez encore Des vers de noire grand poète, sur l'aurore ; Vous, qui d'un saint transport sembliez pénétré. Vous, dis-je, en fussiez là, d'avoir coopéré Dans ce que l'on veut bien, Monsieur, en poésie, Pour n'en pas dire plus, traiter d'apostasie !

PLATIGNY, dont la figure a subi quantité de variantes pendant la dernière plirase d'Héléna.

D'apostas...

HÉLÉNA

Oui, Monsieur. —

MAWBUAY, à part.

Et de deux. — HÉLÉNA, continuant, à Platigny.

Au surplus.

Assez sur un pareil sujet... n'en parlons plus. Mon esprit, je le sens, n'est point l'égal du vôtre. Vous et Monsieur, serez bien mieux l'un avec l'autre.

SCliNt VI. u\i

Ëtcoiiiine, d'autre pari, j'aime peu discuter, Vous tue pardonnerez, Messieurs, de vous quitter.

(A Maubray. )

— Mon cher Maubray, de grâce, ici veuillez m'attendre ; J'ai, dans peu ,quelque afl'aire, où force est de me rendre. Et l'on compte sur vous. —

(lli'ïléna se relire, et Maubray l'accompagne jusqu'à la porte de son appartement. — Pendant ce temps, Plaligny reste confondu.)

PLATIGÎSV.

Ouais! qu'est-ce que ceci?

(Allant versBlanclon.) Elle n'aime donc pas?...

ULANCION.

Quoi? ce livre qu'ici Vous prétendiez vôtre.

PLATIGNY.

Oui.

nLA.NClON, lui tournant le dos.

— Peste de l'imbécilie !

PLATIGNY.

Hal! —

(Se parlant à lui-même.)

Cet homme, il parait, n'a point Tabord facile; Et quant à ce roman... trouvé d'abord si bien... Voici qui me confond, et je n'y comprends rien. — Ce brusque changement de façon, de langage...

(Allant vers Maubray. qui revient d'accompagner Héléoa.)

VI /J LE l'SErDONïME.

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