SCÈNE XI
(A part.) Je crois qu'il s'adressait à moi.. —
(Haut.)
Qu'un tel langage M'étonne fort?
MAUBRAY
Vraiment ?
PLATIGNY.
Qu'il me blesse?
MAUBRAY
Oui.
VLATIGNY.
M'outrage !
Et que...
MAUBRAY
Vous demandez peut-être...
PLATIGNY.
Assurément, Je veux avoir raison d'un tel emportement. D'un tel...
MAUBRAY
El vous l'aurez.
PLATIG.NY.
Je veux...
MAlîBRAY'.
Pas de vararraes, Monsieur, c'est convenu. Faites le choix des armes.
PLATIGNY.
Des... Qu'est-ce donc qu'il dit?
MAl'BRAV.
Ëpée ou pistolet, J'accède, par avance, à l'arme qui vous plaît.
PLATIGNY.
Qui iiio plaît !.. Je veux bien que le diable m'emporte...
ft28 LE PSEUDONÏMli.
MAunnAY.
Non, ne vous gênez point pour choisir; il n'importe. Je suis, sur l'un et l'autre, assez fort, grâce à Dieu!
PLATIGNY.
Assez fort!
MAUBRAY
Et, par là, nous espérons, dans peu, Vous montrer qu'il est bien quelque désavantage A mettre, ainsi que vous, la main à quelque ouvrage...
PLATIGNY.
Et toujours ce roman endiablé!
MAUBRAY, continuant sans faire attention h ce que dit Platigny.
Vous montrer Que du renom d'autrui se vouloir accoutrer, N'est pas toujours. Monsieur, une bonne fortune. — Vos armes ? Choisissez.
PLATIGNY.
Je n'en choisis aucune.
MAUnBAY.
Aucune !
PLATIGNY.
Eh! non, aucune. Est-ce que je me bals? Est-ce que je...
MAUBRAY
Comment! vous ne vous battez pas?
Que me voulez- vous donc, alors?
PLATIGNY.
Je veux apprendre Pourquoi cette fureur que je ne puis comprendre. Que je ne comprends pas? En quoi j'ai mérité....
(Ènerglqucment.) Ce que j'ose appeler une incivilité.
MAUBRAY
En quoi ?