SCÈNE XIII. H
MARIA , à Pierre qui se présente à la porte du fond. Halte ! — On veut être seul.
PIERRE , timidement.
Il faut que je remette...
MARIA, i'empécliant toujours de passer.
Point.
MAUUHAY, à Héléna.
Comment? Empêcher même Pierre..,
HÉLÉNA
Non, non.
(Elle fait signe à Pierre. Maria sort.) MAURRAY, à part.
Si par lui je pouvais...
(Haut, à Pierre qui reste toujours au fond regardant partout d'un air mystérieux.)
Eh bien ! approche donc.
PIERRE, s'approciiant un peu, à voix très hasse. C'est que...
Tu dis?
PIERRE, de même.
.Vailà... hum!..
MAURRAY.
Quoi? hum !
IMKilRK, plus l)as.
Pour l'aOaire.
MAURRAY.
Hein ?
(Sur quoi Pierre parle si bas qu'on le voit seulement remuer les lèvres et cligner des yeux.)
kliO I.E PSEi-|)ONYME.
Çà, que signifie ?..
IIÉI.ÉNA, Inquiète.
En effet, ce mystère...
MAUBUAY.
Me veux-tu quelque chose ?
PIERRE, un peu plus haut.
Oui. Mais, c'est qu'il faudrait...
Pour le roman...
MAUBHAY.
Silence!..
PIERRE , plus bas.
Il faudrait qu'en secret...
Vous sentez. —
(Tirant une lettre de sa poche et la montrant mystérieusement ; puis se penchant vers Maubray.)
De la part du libraire.
MAURRAY, impatienté.
Une lettre !
Donne.
(Héléna qui a écouté avec une agitation croissante , se mettant tout-à-coup entre Pierre et Maubray au moment où ce dernier va pour prendre la lettre en question.)
IIÉLÉNA.
Arrêtez.
MAUBRAY, stupéfait.
Quoi donc ! — HÉLÉNA, rapidement, à Pierre effaré.
Pierre, il faut me promettre D'avouer... Ce billet! votre air...— Au nom du ciel ! Répondez: Ce billet, n'est-ce pas un cartel?..
MAVRRAY , qui écoute.
Allons!
SCfeNE XIII. 441
HÉLÉNA
Dont on vous a chargé pouc votre maître ? Parlez? — Qu'on vient chez lui, Pierre, de vous remet' re, Vous disant de courir au plus tôt...
MAUBRAY
Nullement. Ce n'est pas. —
(A Pierre, voulant se saisir de la lettre.) Donne donc, triple sot.
HÉLÉNA
Oui, vraiment.
Pour m'empécher...
(Ce que disant, elle arrache la lettre des mains de Pierre au moment où il la tendait à son maître, et cela si brusquement que le cachet se brise. )
MAUBRAY, terrifié.
Eh bien! va-t-elle?..
(Pierre se sauve.)
IIÈLÉNA.
Ah ! l'on persiste A s'éloigner! — J'ai beau supplier ; on résiste; On veut se battre! soit. Mais, par là, je saurai L'endroit, l'heure... En un mot, battez-vous, j'y serai. Puis nous verrons, alors, comment ira l'alTaire.
MAUBRAY
Me voilà bien. 0 lettre endiablée ! Et ce Pierre , Avec tous ses sots airs de portier inquiet !
(A Héléna.) Mais...
HÉLÉNA
Je n'écoute rien.
MAUBRAY
Si ce maudit billet N'est pas... Mon Héléna, vous voulez donc le lire?..
HÉLÉNA
Certes! et vous sauver quoi que vous puissiez dire.
MAUBRAY
Me perdre bien plutôt.
HÉLÉNA
Vous perdre ?
MAUBRAY
Assurément.
Un cartel! plût à Dieu que c'en fût un !
HÉLÉNA, soupçonneuse et étonnée.
Gomment ?
MAUBRAY
Eh ! oui. — Si ce billet n'est point d'une nature... Puisqu'il ne contient pas, d'ailleurs, je vous le jure, Ce que vous persistez à vouloir supposer...
tIÉLÉNA.
Et que contient-il donc? Vous me feriez penser...
MAUBRAY
Quoi? bon Dieu! vous croiriez...
(Voyant Héléna ouvrir la lettre.)
Ouf! mon affaire est claire.
Pour le coup. — Transformer en femme mon libraire ! Ceci m'achève. —
HÉLÉNA, lisant précipitamoienl et d'une voix altérée. « Monsieur, » Votre roman des Aventures de Jean ayant eu... (Elle s'arrête étonnée et regarde la suscription.]
MAUBRAY, à part.
Oui, oui, la lettre est bien pour moi! Oh! tu peux voir!
HÉLÉNA, reprenant.
« Voire roman des Aventures de Jean ayant eu un grand