SCÈNE XV
MABIA.
Ainsi, j'ai si bien fait, Qu'à propos dudit livre, objet de vos scrupules. On ne voit plus, en vous, que l'auteur des virgules.
PLATIGNY.
Des...
MARIA
Chut!
BLANCION , à Maubray.
Quoi ! vous seriez...
Ce qui doit à présent Vous faire concevoir ce qu'avait de plaisant...
IIÉLÉNA , l'inlerrompant et indiquant Platigny. Monsieur s'improvisant lui-même...
MAUBRAY
Mon confrère.
BLANCION.
J'entends, et si j'avais moi-même su l'affaire... N'en parlons plus.
(A Maubray.)
Monsieur...
(Tous deux £e prennent la main en signe de réconciliation.)
PLATIGNY.
Fnfln, c'est donc fini!
Enchanté...
BLANCION.
De quoi donc, Monsieur de Platigny?
PLATIGNY.
De vous voir tous les deux...
RLANCION, ironiquement.
Il est vrai ; mais, j'y pense, Cet auteur, voire intime ?
aSO LE PSEUDONYME.
1IÊLÉNA, souriant.
Oui, votre ami d'enfance?
PLATIGNY, étonné.
Eh bien? —
MAUBRAY
Dites-nous donc un peu comment il est?
MARIA, regardant malignement Maubray.
Parlez. — Nombre de gens le prétendent fort laid.
MAUIIRAY.
Avant-hier, je crois, avec lui vous dinâtes?
HÉLÉNA
L'autre soir, il me semble, avec lui vous chantâtes.
(Ce que disant tout le monde rit.) PLATIGNY, qui les a tous écoutés, s'effarant de plus en plus, éclate soudain.
Je dînai, je chantai? Çà, depuis ce matin. Chacun me rit au nez. C'est lassant à la fin! Me prend-on poiu' un sot ?
(Agitant son chapeau avec verve.]
MARIA
Que Dieu nous en préserve!
— Mais, tâchez donc d'avoir un chapeau qui vous serve.
PLATIGNY, furieux.
Mon chapeau! —
(Froissant le gibus et l'empochant.)
Soit, riez ! riez ! — Mais, sachez bien Que ce rire est choquant, que je n'y comprends rien. Et ne fréquente pas les gens sans savoir-vivre !
(11 s'éloigne.) KLANCION.
D'accord. — Mais n'allez plus vous vanter de ce livre.
MARIA, retenant IMatigny ainsi que Vlancion. Entendez-vous, Monsieur, ne vous en vantez plus.