SCÈNE PREMIÈRE
POLIMÈDE, lOLLIDAS, DAPHNÉ.
lOLMDAS.
Vous m'aviez, cependant, toujours promis...
POLIMÈDE.
D'accord ; Et je voudrais pouvoir vous le promettre encor. Mais, enfin, je suis père, et vous devez comprendre Que, malgré mon désir de vous avoir pour gendre. Je ne le puis. Au lieu de rester en repos. Vos Thébains se sont mis si lourde guerre à dos. Ont jeté leur patrie en un péril si grave. Que Sparte l'invincible aura fait Tlièbe esclave. Avant qu'il soit un mois, ("iomincnt donc voulez-vous Que je donne à ma lille un Thél)ain pour époux ' Cela ne se peut pas.
A5fi DIOGÈNE A TRENTE ANS.
DAPHNÉ
Pourquoi cela, mon père?
Je vous jure que, moi, je ne crains point la guerre.
POLIMÈDE.
Taisez- vous. Vous parlez, Daphné, comme un enfant. Et la saine raison, te dis-je, nous défend Vue telle union. Avec Lacédémone, Tlièbes ne peut lutter ; Athènes l'abandonne. Que lui restera-t-il ?
lOLLIDAS.
Les tombes des aïeux , Ses libertés, l'amour du pays et lesdieux; Ce qui restait, Seigneur, à votre Thrasybule, Lorsque, seul, et d'un coup, ainsi (ju'un autre Hercule, Il faisait, dans la mort, choir vos trente tyrans. Saint amour du pays qui fait les hommes grands, Et par qui Jupiter, nous haussant à sa taille. Sourit à l'homme libre au fort de la bataille! Voilà ce qui restait au peuple athénien, Et ce qui reste à Thèbe, aujourd'hui.
POLIUÈDE.
Bien, fort bien.