SATIRE II
Épouvante des sots, roi de la comédie, O Molière ! à ces temps où ta verve applaudie^ Sur tout cuistre boulli de grec et de latin, Laissait, comme un affront, le nom de Trissotin, Peut-être croyais- tu, dans ton âpre faconde. De pédans, à jamais, nettoyer ce bas-monde. Tu t'es trompé. Toujours ces gens pulluleront; Toujours dans les bouquins, les vers s'engendreront; Toujours, de tous côtés pillant leurs patenôtres. Viendront, au vaste champ qu'ont fécondé les autres. Nombre d'ânes, pareils à tes faux érudits. Ruminer leur savoir et brouter leurs écrits. Qu'y faire? c'est ainsi. Seulement, ô grand homme! Ceux que tu flagellas, doctes bêtes de somme, Qui, de par les anciens dont elles se paraient, Devant maint ignorant, piaffaient et se carraient. Tes Trissotins n'avaient, contre tes railleries, D'autre refuge ouvert que quelques coteries; Et le cercle d'oisons qui s'en émerveillait Se résumait, du moins, à l'hôtel Rambouillet; Mais, nos pédans sont tous en bien autre posture. Frères ignorantins de la littérature !
11 ne leur suffit plus de tel ou tel salon. — Point. Monopolisant tout un gros feuilleton. C'est de ce haut perchoir , qu'ils appellent revue, Qu'aujourd'hui nos pédans, nullités fort en vue. Déversent au public, en patois bien payé. Non ce qu'ils ont appris ou lu, mais copié; De la sorte entassant colonne sur colonne. Faussant mainte pensée et n'éclairant personne; Compilateurs qui, tous, dissertant sans repos. Et ju^fcurs par état, jugeurs à tout propos. Charlatans du savoir, docteurs du savoir faire ,
Tranchent non seulement du rhéteur littéraire, Mais, dans tout ce qu'on fait pataugeant gravement, Mais, sur quoi que ce soit parlant effrontément, Discutent, tour-à-tour, sculpture, architecture. Sans savoir peindre un nez, critiquent la peinture. Puis, amalgament tout, Dieu sait comme, au hasard, A propos d'un tableau, pérorant sur Mozart, Et comparant Corneille avec Paul Véronèse.
Sur quoi, force grands mots : les maîtres, la synthèse; Maint autre terme encor retenu n'importe où : Le chic, le clair-obscur, l'empâtement, le flou; Que sais-je ? bruit et vent ! rumeur de grosse caisse. Verbiage sur lequel tambourinant sans cesse. Us vont étourdissant les simples et les sots. Font deleur ignorance un bruit à mille échos; Et tous, dès-lors, ayant compris qu'en toute chose Crier haut et long-temps, c'est avoir gain de cause, Tous, pour combler leur vide en érudition, Braillent impudemment par compensation.
Ainsi du grand tapage oii leur majesté plane;
Et, comme ils sont soigneux d'en chasser tout profane,
3'enlends tout homme ayant deux liards de sens, nos gens
Foni, de là, pour chacun, la pluie et le beau temps.
Ce n'est point au public, maintenant, qu'il faut plaire;
Leur approbation, voilà la grande affaire 1
C'est par leur tribunal qu'il faut d'abord passer;
C'est devant ces pions qu'il se faut abaisser !
Et malheur si l'on n'a que du talent sans brigue.
Si, comme eux, l'on n'est point grave et creux, de leui- ligue;
Car, alors, quoi qu'on veuille imprimer, prose ou vers.
Tous ces gens, aussitôt, se posant en travers.
Fort magistralement vous lapident ensemble.
N'adulant un auteur qu'autant qu'il leur ressemble.
Que dans quelque œuvre plate ils peuvent tous se voir,
S'admirant dans autrui comme dans un miroir.
Aussi, vienne quelqu'un fort d'idée et de style.
Tous dédai;,'neusement : littérateur facile !
Mais, paraisse un écrit lourdement ennuyeux,
Voilà , s'écrîront-ils, un auteur sérieux !
(Nouveau mot dont ils ont aiïùblé leur sottise) Voilà ! s'écrîront-ils, une œuvre bien comprise , Un ouvrage pensé, synthétique, profond.
Sincère par la forme, et scruté quant au fond ! Or, de quoi s'agit-il? des cordes de la lyre; D'Ahasvérus ! — C'est là ce qu'on appelle écrire! Tels sont les grands auteurs dont nos gens font fracas! Mystique baragouin que l'on ne comprend pas; Nébuleux imbroglio de mythes, de symboles; Biblique arlequinade aux mille paraboles; Grande parade oîi vont ensemble dissertant L'ibis, Paris, des Sphinx, Mathieu, Léviathan, N'importe quoi! Macar, les Titans, un satrape, Ninive, Dagobert, Mignon, la lune, un pape; Le tout nous enseignant le sens de l'univers ! Termes volés, chaussés comme un bas à l'env* rs, Mascarade de riens qui singent des idées. Réservoir trouble où sont pêlc-mèle vidées , Croyance des Hébreux, croyance des Indiens, Unité panthéiste, unité des chrétiens, Toutce qu'on veut, voilà cette immense characK'! Telle que le lecteur vaporisé, malade, A force de chercher, de (lotier, de rêver. Las de ne rien saisir, n'en arrive à trouver D'autre solution à ce fatras sans formes, Qu'une suite sans fin de bâillemens énormes. Et, cependant, Molière, en dépit des lecteurs, Voilà ce qu'aujourd'hui nous vantent nos rhéteurs ! Tout livre, ayant du sens, attire leur colère: C'est de l'art pour de l'art, c'est un vocabulaire. Et ceuï-là seulement sont écrits h leur goût , Dans lesquels le public ne comprend rien du tout. — Mais, alors, crîras-tu, jouez-moi cette clique. Chacun d'eux vous harcèle à grands coups de critique, Imitez-moi. Coltiu mourut de son sonnet. Tue/-les tous avec un livre qu'ils aient fait. — Un livre qu'ils aient fait ! hélas! ne l'en déplaise , . Tu nous en parles là , Molière , bien à l'aise. Crois-tu qu'un tel recours nous soit encor donné ? Le pédant, depuis toi, s'est perfectionné.
5 4Zi POÉSIES
Tes ânes s'oubliaient; ils composaient. — Les nôtres Se connaissent par trop pour laisser prise aux autres ; Et pour pouvoir, sans peur, écrire bel et bien , Littérateurs prudens , ils ne composent rien , — lis critiquent ; c'est tout. — Critique juste et saine ! Se récrient-ils, parfois, auguste gardienne De l'art , ce panthéon des penseurs sérieux ! Sur quoi, tous se grattant l'un l'autre à qui mieux mieux De s'estimer plus haut que telle œuvre choisie; Déclarant qu'un poëme, où chacun s'extasie , Ne vaut point qu'aucun d'eux daigne le critiquer ; Et cela, quand ces nains font tout pour l'attaquer. Non-sens qui montre assez que l'auguste critique N'est, en fait, qu'un crachoir pour cette tourbe étique; Que, dans le sentiment de leur stérilité , S'engendrèrent l'envie et la malignité; Qu'au fond ils sont honteux de leurs forces caduques ; Et qu'enfin tout sultan désolant ces eunuques , Toute fécondité leur étant un soulllet , Plus un homme sera nerveusement complet. Et plus ces faux-lettrés, à l'esprit infertile. Déverseront sur lui l'omertume et la bile. —
O tristes impuissans! gens bassement jaloux! Tenez : — Les Trissotins valaient tous mieux que vous * Et vraiment, c'est trop peu, pour vous, d'une satire, Car vous indignez plus que vous ne faites rire , Car vous êtes méchans plus encor qu'ignorans , Car, de vous voir, ainsi, baver sur les plus grands, De voir ainsi, par vous, leurs œuvres polluées, C'est à vous fustiger au milieu des huées ! Par les arts immortels! souffrirons-nous ceci ! Mais , voyez contre qui tous s'acharneiit ainsi , Voyez: Paraît un Dante, un Homère, un Corneille , Constructeur entassant merveille sur merveille , Qui, taillant et sculptant sans égal sous nos cicux , Mainte haute épopée au bloc prodigieux , L'érigé puissamment à la façon antique, Monument éternel en la p!a( e publique ; Eh bien! ce temple auguste où viendra quehjuejour Chaque siècle, en passant, s'incliner tour-à-lour ,
Splendide pour les yeux , profond pour la pensée , Vénéré par quiconque a rûme haul placée, Ce que fonde pour nous cet homme surtiumaiu, Voilà ce que voudrait salir ce peuple-nain! Autour de la grande œuvre, eJl'arés, en tumulte , Regardez-les. D'abord, la clique se consulte ; Puis, chacun se retire à l'écart, remâchant Quelque ancien feuilleton bien plat et bien méchant; Argot sans liaison , diatribe mal soudée : Que l'idée est le fond; non la forme, l'idée; Que la forme n'est rien sans le fond; que le fond N'est qu'un sens sous un mot où la forme se fond ; Plus, maint autre flon-llon de critique aussi claire. Sur quoi, ceci mâché, l'on avale , on digère ; Et quand , du fiel tout neuf dont ils se sont bouiïls , S'est assez derechef imprégné ce gâchis , Alors, gens se hâtant vers leur sale besogne , Au soleil, en public, sans respect ni vergogne. Tout le troupeau d'aller en masse, bruyamment, Maculer à l'envi l'éternel monument!
0 fétide bassesse, envieux, race infâme î
On ne vous dira point que vous n'avez pas d'âme ,
Chacun le voit assez. Mais, ce qu'on vous dira ,
C'est qu'à jamais un jour ceci vous flétrira!
Que, par un châtiment terrible autant que juste ,
Sur les profanateurs de toute chose auguste
Toujours revient plus tard la profanation,
Pour les éterniser dans leur infection ;
Et, comme ces vainqueurs qu'en présence de Rome,
Escortait maint captif, qu'ainsi chaque grand homme
Traîne à travers les temps, immortels spectateurs,
Tout l'oblique troupeau de ces dillamaleurs,
Zoïles enchaînés, le suivant tête basse,
Dill'ormes animaux devant qui l'on s'amasse ,
Envieux , à jamais captifs dans le mépris ,
A jamais empestés dans leurs sales écrits.
Et tels que, s'étonnant de leur laideur étrange ,
Chaque siècle , en passant , leur jetant quelque fange,
Se demande comment, autrefois , ces pourceaux
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N'ont pas été traînés vivaiis dans les ruisseaux !
— Mais, baste ! à quoi sert-il qu'un jour on les flélrisso ,
Quand maintenant, contre eux , il n'est point de police ,
Quand, bien plus, ce sont eux qui la font. — Car, voyez,
Si, dans nos temps bavards, dans nos temps monnayés ,
Régis par la boutique et l'avocasserie ,
Où pour seule grandeur nous avons la pairie!
Nos temps de prospectus , de chartes et d'argot ,
Où si l'on n'est Macaire , ou passe pour nigaud ,
Où tout est pot-au-feu , calculs, rouerie et banque ,
Où plus d'un grand se fait boursier et saltimbanque.
Où l'on ne voit , enfin , que tartufes-voleurs ,
Voyez si, dans ces temps fdous et bateleurs.
Nos pédans n'ont pas seuls plein droit de présidence !
Voyez, par quelle haute échelle d'impudence ,
Les plus anciens en tête , et le reste poussant.
Se tenant par la main, l'un l'auire se haussant,
Ceux-ci gâcheurs lettrés, et ceux-là politiques,
Avec leurs feuilletons , avec leurs polémiques ,
Ensemble se hâtant, grimpant et clabaudant,
Regardez comme, ainsi , tous vont escaladant
Censure, instruction, théâtres, ministères,
S'échelonnantpar là d'allaires en allaires;
Tous par rang d'âge : en bas, les jeunes , les ânons ,
Puis, ceux-là plus mûrs , puis, sur les hauts échelons.
Tout au sommet, trônant dans leur nullité pleine.
Les grands ânes ! tel est l'universel domaine
Que leur laisse envahir un grand peuple endormi.
F.t dès-lors, tlairent-ils, d'en haut, quelque ennemi ,
Quehiue jeune homme ayant en soi la moindre chose
De fertile et de grand, aussitôt, et pour cause.
Tous , ainsi que j'ai dit, s'unissanl lâchement ,
Tous de le foudroyer sans merci. Tellement
Qu'au pied de ces hauteurs que l'ignorance encombre.
Loin, bien loin , au plus bas de la foule, dans l'ombre ,
Si quelque noble cœur descendait, pénétrait,
Alors, spectacle horrible! oh! combien il verrait,
Immobiles, au fond de leurs douleurs muettes,
D'hommes au large front , savans , peintres , poètes ,
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Qui, séchésparla faim dans leur fécondité , Gloire qui pouvait être et qui n'a pas été , Tous rejetés alors , troupe morne et livide , De l'obscure misère à l'ohscur suicide, L'un après l'autre ainsi s'éteignent sourdement, Dans l'angoisse, la nuit et l'abandonnement.
Plaignons-les, ou plutôt défendons leur mémoire ;
Car, bassesse bien grande, et qui fait peine à ci oii i- ,
Ce ne fut pas assez pour eux de tant souffrir,
Pas assez d'avoir faim, pas assez de mourir ,
Il faut encor, il faut , parmi nos gâte-presse
Qu'il se trouve des gens , au large dans leur graisse .
Assez plats pour oser, eux bien pleins, bien buvans,
Insulter morts ceux-là qu'ils affamaient vivans !
Oui, vraiment, insulter ! des morts, chose sacrée !
Morts de fuim , chose au fond par chacun déplorée!
Les insulter! venir déclarer que tel mort
Se croyait du génie, et qu'il avait grand tort ,
Que trop d'orgueil fit seul sa perte, et, qu'à tout prendre,
Lorsqu'on a du génie , il faut savoir attendre.
Attendre I Et le peut-on, quand on ne mange pas ?
Trop d'orgueil! vous vivrez fort longtemps dans ce cas ,
Vous qui pouvez descendre à celte ignominie ,
De venir à ce mort contester son génie !
Etres vils ! Et pas un , sots, ne vous baffoûra !
Et pas un, cœurs méchans, ne vousdémasquern !
0 Molière , au secours! Géant , sors de ta tombe!
Vois , tout se stérilise, et se dessèche, et tombe!
Hormis quelque grandeur survivant à l'écart.
Vois quel ébranchcment dans la forêt de l'art!
Sur quels vastes débris ils ont bâti leur temple I
Et si ce n'est assez, ô Molière , contemple
Ton théâtre luimôme en proie à leur pouvoir ,
Dont ils font un tripot , une foire, un dortoir ,
Où l'on n'entend que gens qui sifllent , s'ils ne ronflon ;
Où vont se succédant, ballons qui se dégonllent ,
Tels drames par la clique imposés et prônés,
Tombant huit fois , malgré huit cents billets donnés
« 5AS rOÊSIES
Vois ! et ne souflVe pas qu'ainsi les ails s'en aillent! Hélas ! prends en pitié les spectateurs qui bâillent, Et dans le baragouin les acteurs s'embourbant. Et maint pauvre claqueur assoupi sur son banc. A l'aide ! et pour qu'enliii , grand homme , ou pilorie Tous ces plats souteneurs de la pédanterie, Inspire quelque auteur , fais qu'il soit accepté ; Qu'il se trouve à Paris, Molière, un comité Où l'on puisse , aujourd'hui, trouvaille peu facile ! Avoir impunément force, pensée et style ; Et qu'alors au théâtre arrivant sans accrocs , Ayant, dans notre long catalogue de sots. Choisi quelque grand nom, bêtise majuscule. Cuistre peint comme il est. méchant et ridicule. Alors fouaillant cet homme à coups de vers moqueurs. Le livrant au mépris de tous les nobles cœurs , Nous montrant à travers sa grande outrecuidance. Et sa profonde envie, et sa pleine ignorance. Et tout l'obscur égoût de sa malignité, Montrant aussi, comment, l'un dans l'autre emboîté. Chacun de ses pareils se tient et se rattache. Leur compérage enOn , et tout ce que nous cache Et de fiel et d*intrigue et d'inutilité Ce manteau fastueux qu'on nomme gravité; Alors, aidé par toi, qu'un tel auteur, Molière, Dans le portrait d'un seul groupant la clique entière. Débarrassant d'eux tous la presse, leur trafic, Alors que ton auteur, en scène, en plein public. Traîne ainsi, sans pitié, nouvel Aristophane, Ce pédant monstrueux , fait du chat et de l'âne.
Octobre I8/10.
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Ce qui surtout ravit, lorsqu'on vous voit paraître. Blanche, et plus fraîche aux yeux que tous vos frais atours, Ce qui surtout ravit, ce qui surtout pénètre. Ce que, plus tard en songe, hélas! on voit toujours;
Ce n'est pas seulement, ô blonde enchanteresse ! — O blonde! autour de qui volent les doux pensers, Où tout regard se pose ainsi qu'une caresse. Où vont tous les soupirs, à défaut des baisers;
Ce n'est pas seulement, ô vierge à peine éclose . — Votre jeune fraîcheur qui trouble le sommeil. Fraîcheur qu'ignore encor l'amour, comme la rose Qu'au matin, sur sa tige, ignore le soleil ;
Ni même, gai captif, ce sourire qui semble, D'une bouche rosée entr'ouvrant la cloison , Dire : Venez, baisers, nous serons bien ensemble. Voir de quel riche émail Dieu meubla ma prison ;
Ni môme, forme pure et blancheur rayonnante. Vos épaules que l'œil, de contours en contours. Suit rêveur, s'égaranl, par une double pente, Vers la double colline où nichent les amours.
Non; mais, en vous voyant, soudain, blanche merveille, Ce qui fait que, dans l'àme, un tendre chant s'éveille
D'un long écho suivi.
Ce sont, joyeux d'errer sous leur jeune paupière. Vos yeux comme charmés de la belle lumière ,
Vos yeux d'enfant ravi;
Vos yeux, pleins d'un regard qu'autrefois sur le monde Dut promener, sans doute, Eve, ainsi que vous blonde,
Eve aux fraîches couleurs.
Quand, peureuse et de vivre émerveillée encore , Soudain elle sourit, voyant au ciel l'aurore.
Et sous ses pieds les fleurs.
Voilà, séduction par vous seule ignorée. Voilà ce qui surtout vous fait belle, adorée !
Aussi, double splendeur.
Ce regard, unissant par un divin mélange , La beauté de la femme et la beauté de l'ange ,
L'amour et la candeur;
Ce regard, comparable en ses douceurs secrètes. A ces clartés du ciel d'aube et de soleil faites,
Regard de dix- sept ans, Presque tendre, déjà, quoique plein d'innocence ; Regard de vierge, enfin, où rit encor l'enfance.
Oh ! long-temps, bien long-temps,
Cet éclat matinal, gardez-le; — car, en elle, Toujours contient l'enfance une grâce nouvelle
Dont nul ne se défend, El, qui vous voit, comprend combien jadis fut sage La Grèce ligurant l'Amour au doux visage
Sous les traits d'un enfant.
Mars 1841.