CHAPITRE III
Elat misérable du vieux garçon dans son intérieur; les collatéraux et la gouvernante.
Quelle est généralement, et à peu d'exceptions près, la dissolution coniiniine à toute la classe d'hommes que nous vous signalons? Vous l'avez vu précédemment, lecteurs; et certes, à ne les considérer que dans celte grande déchéance de toute morale, et partant de tout droit à la vénération, c'est déjà là pour eux, ce me semble, une assez pleine misère. 11 en est cependant pour eux une plus poignante encore, parce qu'elle est en quelque façon plus matérielle, plus immédiate : je veux parler de ce grand délaissement où ils vivent, de cet absolu dénuement où ils sont de toutes consolations d'intérieur.
Et, en effet, quels cœurs leur sont véritablement acquis? Autour de leur existence, quelle tendresse? quelle affection? De quoi est faite la domesticité qui les soigne, sinon d'intérêt et de vénalité ? Rien pour eux qui ressemble à des attentions réellement aimantes. Pasd'enfans, pas de femme ! Des amis, peut-être? Mais non. Cet extrême appui est même refusé à leur vieillesse ; eux, qui n'aimèrent jamais qu'eux seuls, ne sauraient avoir d'amis ; et tout ce qui leur reste alors se borne à ces froides qualilications de parenté qui n'annoncent que l'héritage : à des neveux, à des cousins, à des collatéraux : triste support pour leurs dernières années; car s'il arrive que, par une exécrable exception, quelques-uns soient si dénaturés que de souhaiter la mort à leur père, que sera-ce de collatéraux qui, pour la plupart, ne peuvent avoir d'autre attache cm ers leur vieux parent que l'espoir d'hériter de lui quelque jour? Ce sera,
telles, une élrange aflection que la leur ; et si nous la voulons approfondir davantage, entrons un moment dans lY-ternellc comédie des conversations bumaines, afin de mieux voir le fond des cœurs à travers la transparenre des paroles.