VILLARS
On se plaint, on est las! Mais nul, dans ses pensées,
N'a donc le moindre écho pour les choses passées?
Et pour le rejeter ainsi tout d'une voix.
Tous ont donc oublié ce qu'il fut autrefois?
Ah! plus d'égards. Messieurs, et moins d'ingratitude!
Respectez une gloire en sa décrépitude.
Que le roi soit, par vous, de la sorte traité,
C'est lâchement agir! c'est une impiété !
Grand homme, sa vieillesse est une chose sainte;
Vous n'en deviez parler qu'avec respect et crainte.
Dans d'étranges malheurs s'il finit de régner.
Il vous fallait le plaindre, et non le condamner;
Il fallait, en un mot, vénérer davantage
Le grand roi malheureux, courbé sous son grand âge.
Torcy se retranche derrière la peinture des misères publiques ; puis, il ajoute :
Quand le corps est malade, on accuse la icte; Quand le royaume souffre, on accuse le roi.
DIOGRAI'HIQLE. 27
Louis n'a-l-ii pas dit, d'ailleurs : L'état, c'est moi ! Ce mot l'a condamné. De l'état étant l'âme, Il doit prendre de tout la louange et le blâme.
VILLIRS.
Si l'on blâme le roi, ce n'est donc que bien bas : Dans un calme profond son long règne s'achève.