‹ Œuvres dramatiques de Camille BernayChapitre 54 sur 391 · ACTE m , SCÈNE IX · texte numérisé non relu

ACTE m , SCÈNE IX

LOYS

Sans parler d'un fort long covlége d'épithètcs Qui, de vrai, ne m'ont pas paru des plus honnêtes.

GRÉGOIRE

Je me parlais à moi.

LOYS

S'il est ainsi, très bien ; Ces noms étant à vous, je n'y réclame rien ; Et puis d'ailleurs, quand même, est-ce qu'on doit ensemble Pour si peu quereller! — Ainsi, comment vous semble Ce roseau?

GRÉGOIRE

Cette perche ?

LOYS

Oui, ce léger bâton?

Ma foi, je vous venais, entre nous, sans façon, Bâlonoer quelque peu.

GRÉGOIRE, effaré.

Quoi!

LOYS

Parmi plusieurs gaules C'est ce que j'ai trouvé de mieux pour vos épaules.

GRÉGOIRE, reculant toujours.

Plaisantons nous? morbleu ! je ne ris pas du tout. Moi! la plaisanterie est de bien mauvais goût.

LOYS, brandissant son gourdin.

Et qui parle de rire, ami? L'on vous répète Qu'il vous faut de céans déloger sans trompette, Ou bien être rossé !

GRÉGOIRE

Je...

LOYS

Partir sur-le champ, Vous dis-je, et sans souiller, sans faire le méchant; Car je vous préviens, moi, que s'il faut que le maître Du iof,Ms, par malheur, vous aille reconnaître ; Si quelqu'un l'avertit dans quelle intention Vous êtes dans son bal venu, noble espion. Vingt bâtons vous pourraient bien tomber sur l'échiné,

Près desquels celui-ci n'est rien qu'une badine. Et qui, bien maniés par des gens grands et forts, Vous pourraient pour long-temps, ami, mettre dehors. C'est pourquoi, tirez-moi vos grègues au plus vile. Et souffrez que, pour mieux assurer votre fuite, De quelques argumens de ce frêle rondin J'accélère vos pas.

(Il lui en allonge quelques coups.)

GRÉGOIRE

Ah ! pendard! ah ! gredin !

Me frapper de la sorte !

LOYS

Hélas ! je vous évite Des coups dont pour si peu vous ne seriez pas quitte ; C'est pour votre intérêt.

Va, je me vengerai !

LOYS, redoublant.

Bon ! je suis bien sûr, moi, que vous m'en saurez gré. (Dans ce moment passe un domestique portant un plateau.)

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