‹ Œuvres dramatiques de Camille BernayChapitre 53 sur 391 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

GREGOIRE, se croyant seul; LOYS, rentrant armé d'une énorme gaule.

LOYS, s'avançant légèrement par derrière et ayant entendu la dernière phrase, à part.

Plaît-il ?

GRÉGOins, se croyant seul.

Je voudrais, pour Rapprendre.

Qu'à ton nez, à ta barbe ils te la vinssent prendre, Ta citadelle.

LOYS, à part.

Hé! hé!

GRÉGOIRE, se croyant seul.

J'en serais satisfait! (Se ravisant.) Ah bien, oui ! mais adieu la cause, adieu l'effet, Et les Anglais dehors, partant plus de guinées.

LOYS, à part, faisant le geste de le rosser. J'entends: l'honnête prix de tes dignes menées, Bon mouchard !

GRÉGOIRE, se croyant seul.

De nouveau si j'allais l'accoster.

Peut-être parviendrais-je à m'en faire écouter.

LOYS, de même.

J'en doute fort.

GRÉGOIRE, se croyant seul.

Pourvu, pourtant, que cette peste.

Ce cuistre, que du fond de mon cœur je déteste, Ce traître dont Milord paraît si fort coiffé, Ce maraud, ce voleur, ce scélérat fieffé. Ce Loys...

LOYS, qui s'est approché tout près, tout près, pose alors légèrement la susdite perche sur l'épaule de Grégoire de façon que le bout en dépasse de beaucoup la figure effarée du susdit Grégoire; puis, il dit:

Hein?

GRÉGOIRE, reculant avec stupeur.

Quoi donc?

LOYS

Vous me nommiez, je pense.

GRÉGOIRE

Moi? point. Qui songe à vous?

LOYS

Certaine consonnance, Grégoire, qui m'avait tout l'air d'être mon nom. M'a cependant frappé.

Moi, je vous dis que non.

Page 1