‹ Œuvres dramatiques de Camille BernayChapitre 93 sur 391 · ACTE V , SCÈNE XIII · texte numérisé non relu

ACTE V , SCÈNE XIII

MILADY

Qui vous parle, à vous?

LOYS

Ce n'est qu'un simple avis, Milady, rien de plus.

MILADY

Cet insolent!

(Elle sort avec le Gouverneur. — Grégoire en fait autant avec Paquetie.) BICHABD.

Loys ?

LOYS

Seigneur .

niCHARU.

Il faut qu'aussi ce beau Jour te prolito.

LOYS

D'avance, Monseigneur, aux noces je m'invite.

Oui, mais fais mieux encor.— Demeure auprès de moi; Notre bonheur, Loys, se répandra sur toi.

MARIE

Vous vivrez près de nous.

LOÏS.

Ma jeune et bonne dame.

Tant de bonté me touche au plus profoiiri de l'âme. Mais je suis un oiseau volant ù tout hasard, Kt je mourrais, je crois, me Gxant (lueique part.

RICHARD

Tu vieHIiras, Loys. — Écoute : pour Alice Je connais ton amour ; — fais un doux sacrilice De tes jours incertains, Loys : — épouse la ; Nous fournirons la dot.

LOYS

Kn ce cas, me voilà Toul-à-fait décidé. —

RICHARD

Tu consens?

LOYS

Je me sauve. — Me marier, bon Dieu! — suis-je donc déjà chauve ? La dot, de fort grand cœur, mais la femme, merci ! Non qu'on ne puisse un jour me marier aussi ! Mais, quand je serai vieux ; — lorsque ma voix éteinte De mes beaux jours passés chantera la complainte ! Jusque là, laissez-moi, libre comme devant. Poser sur toute fleur, me bercer à tout vent ; Mener ma bonne vie errante et vagabonde ; Gomme en un grand festin dîner à ce bas monde ; M'enivrer à loisir de toutes voluptés.

Du rire, des vins vieux et des jeunes beautés, Et chanter jusqu'au terme, en mon indépendance. L'amour, la folle joie et notre belle France !

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