ACTE IV, SCÈNE VI. ii
« Je ne puis commander à mon impatience jus- )) qu'à demain matin. J'ai habité quelque temps » votre logement, et j'en possède encore par hasard » la principale clef. Je vais m'empresser d'arriver à )) votre cabinet de toilette. Soyez sans inquiétude ; » nul ne me découvrira. Reposez-vous sur ma dis- )) crétion. »
Je suis dans le plus affreux embarras. Il va me trouver sous ces habits : que dirai-je ?
L K G H E V ALI E R sortant du cabinet.
Pardonnez-moi mon empressement. Gomment aurais-je pu dormir tranquille cette nuit ?
LA NIÈCE
Monsieur....
LE CHEVALIER la regardant finement
Que je vous trouve changée! quelle parure ! quelle toilette extraordinaire ! Que dois-je penser de cela î
LA NIÈCE
O monsieur I je ne vous attendais pas maintenant. Eloignez- vous promptement. Ma tante m'attend en ce moment. Demain matin....
LE CHEVALIER
Voulez-vous avoir confiance en moi demain matin seulement^ et point aujourd'hui?
LA NIÈCE
J'entends venir quelqu'un , l'on va m'appeler. Goethe. I. 8
Il/t
LE GRAND-GOPHTE.
LE CHEVALIER
Je me retire. Dites-moi seulement ce que signifie cet habit.
O Dieu !
LA NIÈCE
LE CHEVALIER
Quelle confiance pouvez-vous avoir en moi, si vous me taisez cette bagatelle ?
LA NIÈCE
J'ai toute confiance en vous ; mais ce n'est pas là mon secret. Cet liabit....
LE CHEVALIER
Cet liabit me semble assez remarquable j quelquefois la princesse s'est fait voir sous ce costume. Aujourd'hui même les esprits vous l'ont montre'e ainsi vêtue j et je vous trouve maintenant....
LA NIÈCE
JNe m'attribuez pas cette mascarade.
LE CHEVALIER
Quelles horribles conjectures !
LA NIÈCE
Elles sont vraies.
LE CHEVALIER
La scène des esprits ?
LA NIÈCE
E'ait une tromperie.