‹ Œuvres dramatiques de J.W. GoetheChapitre 108 sur 221 · ACTE IV, SCENE VU · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE VU

Oii'avez-vous ? vous paraissez toute renversée.

LA NIÈCE

Ah! Dieu! les soupçons de ma tante....

LE MARQUIS

Tu m'affliges , chère enfaùt ; mais je veux te sauver.

LA NIÈCE

Vous savez cependant que^ cette nuit^ je dois jouer le rôle de la princesse. C'est affreux I Venez. ( Elle regarde ai-^ec crainte , du côté du cabinet. )

LE MARQUIS

Demeurez^ demeurez j c'est pre'cisément là le sujet de ma visite. Jouez bien cette nuit votre rôle, et ne vous inquie'tez de rien.

LA NI ACE

Allons-nous-en.

LE MARQUIS

Non pas ; je voulais vous dire... î

LA NIÈCM.

Nous en aurons lout le temps demain.

LE MARQUIS

En aucune façon. Vous paraissez traiter ceJa bien lei^èrement.

ii8 LE GRAND-COPHTE.

Je suis dans le plus grand embarras.

LE MARQUIS

Il se présente encore à vous, pour celte nuit, un événement bizarre auquel vous ne pensiez pas.

LA NIFCE.

Quoi donc ? vous m'effrayez.

LE MARQUIS

Vous devez partir avec moi.

LA NIÈCÇ.

Avec vous ?

LE MARQUIS

Vous dites ce mot avec une sorte de répugnance.

LA NIÈCE

Je ne sais ce que je dois dire.

LE MARQUIS

Je vais vous éclairer en peu de mots. La mascarade à laquelle vous vous préparez n'est pas une simple plaisanterie. Ma femme a obtenu, au nom de la princesse, un important service du chanoine, et vous devez exprimer la reconnaissance de la princesse à cette pauvre dupe.

LA NIÈCE cmbaiTassée.

Je dois lui donner une rose.

Belle récompense pour un tel service ! Sachez que

Page 1