ACTE IV, SCENE VII
la passion aveugle du chanoine ne s'est kissé entraîner à rien moins qu'à acheter le beau collier des joailliers de la cour.
LA NIÈCE
Le collier !
LE M AR QU IS
Que nous avons tant admire lorsque nous achetâmes cette basfue.
LA NIÈCE
Cela n'est pas possible.
LE MARQUIS
Tellement possible, que j'en ai déjà une partie dans ma poche.
LA NIÈCE
Vous? que veut dire cela? — On pourrait écouter.
LE MARQUIS
Venez donc de ce côté. ( // s'approche du cabinet, ) Oui y mon enfant , le chanoine l'a possédé à peine un quart d'heure. Il fut de suite dans les mains de ma femme, pour le livrer ce soir même à la princesse. Que ma femme fut heureuse en cet instant l que je le fus moi-même î Elle sépara impitoyablement ce beau travail. Ce fut pour moi un créve-cœur, de voir ce précieux bijou ainsi mutilé, et je ne pus recevoir de consolation que du charmant petit paquet qu'elle me prépara pour mon voyage. J'ai au moins pour 100,000 livres de pierres dans ma poche^ Je pars aujourd'hui pour TAngle-
120 LE GRAND-COPIITE.
terre où je vais convertir le tout en argent^ et acheter
une foule d'objets précieux.
LA N I E C E , qui jusque-là a cacLé le plus grand embarras.
Quelle dangereuse entreprise 1
LE MARQUIS
Il ne faut pas craindre maintenant^ mais oser.
LA NIÈCE
Je vous souhaite du bonheur.
î , LE MARQUIâ.
ïl faut me porter bonheur, plutôt que de me le souhaiter. Tu dois être, tu seras ma compagne de voyage , chère enfant.
LA NIECE
Vous voulez m'exposer à ce péril?
LE MARQUIS
Le péril est bien plus grand si tu restes. Ma femme est bien assez hardie pour soutenir cette fable , mais aussi longtemps seulement que cela sera faisable. — Jusqu'à ce que le premier terme de paiement arrive, et même un peu plus tard, elle est assez en sûreté. Cependant je ne puis te laisser ici.
LA NIÈCE
Songez que....
Je ne sais comment expliquer ta conduite. Serail-il possible que Ton m'eût déjà enlevé ton cœur! —