ACTE V, SCENE III; lacj
LE COMMANDANT
Et celui qui voudra sortir , arrêtez-le,
UN SUISSE
Nous Tempöignerons bravement.
LE COMMANDANT
Aussitôt que les cors se tairont^ amenez ici tous ceux que vous aurez arrêtés^ Deux de vous garderont la porte»
UN SUISSE
Oui, commandant. Mon camarade et moi nous amènerons les prisonniers, et Michel et Dusle resteront à la porte, de peur que quelqu'autre ne vienne à se glisser dehors»
LE COMMANDANT
Allez donc , mes enfans ; allez , c'est bien comme cela.
( Les quatre Suisses s'en vonl. )
Vous deux , allez vous placer environ à dix pas d'ici, dans le feuillage j vous savez le reste*
UN SUISSE
Bon.
LÉ COMMANDANT
Ainsi, chevalier^ tous nos postes sont occupes. Je doute qu'un seul nous e'chappe* Mais , à ne vous rien cacher, je pense que c'est à cette place quo nous ferons la meilleure prise.
Goethe. I. C)
i3o LE GRAND-COPHTE.
LE CIIEVALIEB.
ConimcDl cela^ monsieur le commantlanl?
LE COMMANDANT
Puisqu'il est question d'affaires galantes^ ilsclioisiront certainement cette petite place. Dans le reste du jardin, les allées sont trop droites^ les places trop claires. Ce bosquet , ces berceaux sont assez épais pour favoriser les larcins amoureux.
LE CHEVALIER
Je serai bien en peine jusqu'à la un de tout ceci.
LE COMMANDANT
Dans de pareilles circonstances y un soldat ne devrait qu'approuver les mesures que nous prenons.
LE CHEVALIER
J'aimerais mieux être exposé, les armes à la main, à un poste dangereux, que de me voir à celui-ci. Vous ne trouverez pas mauvais que je sois inquiet du sort de ces individus, quoiqu'ils ne méritent aucune estime et que mes intentions soient tout à fait louables.
LE COMMANDANT
Soyez tranquille ; j'ai ordre du prince et du ministre de terminer cette affaire dans un bref délai ; on s'en repose sur moi. Le prince a bien raison ', car si cette aventure a des suites, si elle fait du bruit , le monde alors en pensera ce qu'il voudra, et ii vaut toujours mieux la mettre à fin en silence. — Votre