‹ Œuvres dramatiques de J.W. GoetheChapitre 125 sur 221 · SCÈNE VIL LES PRÉCÉDENS , LE COMTE · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL LES PRÉCÉDENS , LE COMTE

LE COMTE, que deux Suisses font marcher devant eux avec leurs hallebardes

croisées.

Je vous dis que vous aurez à expier toute votre vie votre grossièreté. M'aborder ainsi, moi le plus grand des mortels l Sachez que je suis le comte de Rostro y de Rostro , impudens ; étranger honorable et partout révéré, maître en toutes sciences occultes , et qui tiens sous mes lois jusqu'aux puissances célestes....

UN SUISSE

Dis tout cela à notre commandant j il entend tout

<42 LE GBAND-COPHTE.

cela y lui ; et si lu ne marches pas droit , nous l€f donnerons, des deux côtés, des bourrades pour te montrer le chemin^ comme c'est notre ordre.

LE COMTE

JN'avez-vous donc aucune raison ?

LE SUISSE

C'est celui qui nous commande qui en a. Je te le répète, marche droit et très droit de ce côté où est notre chef.

LE COMTE impéricasemenf.

Gardez-vous de me toucher.

LE CHANOINE qui, à la roix du comle, sort de son abattement et rcrient

à lui.

Oui, je t'attendais ici, Grand-Cophte, digne maître, le plus sublime des mortels. Tu laissais tomber ainsi ton fils afin de le relever par un miracle. Nous sommes tous enchaînés pour toujours à tes lois. Je n'ai pas besoin de t'avouer que j'avais entrepris cette aventure avec le désir de te la cacher. Tu sais ce qui s'est passé ,* tu en connais la malheureuse issue ; autrement tu ne serais pas arrivé. Par cette seule apparition, Grand-Cophte, tu obliges plus d'ames nobles que tu n'en as peut-être vu réunies dans ton long pèlerinage. Devant toi est un ami, il y a peu d'instans le plus heureux , maintenant le plus infortuné de tous les hommes. Ici est une dame digne du plus licureux sort j là des amis qui ont essayé l'impossible dans la chaleur de leur affection.

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