‹ Œuvres dramatiques de J.W. GoetheChapitre 136 sur 221 · ACTE I, SCKNE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCKNE I

LE ROI

La princesse , qu'on respectait si fort , ma proclio parente ; morte depuis peu?

LE DUC

Elle-même. Permets^ ali ! permets-moi de parler uniquement de son enfant^ de cette enfant toujours plus digne de ses parens ; et qui jouit de la vie avec un noble orgueil. Que tout le reste demeure enseveli avec la mère , avec cette femme si élevée en rang et douée de qualités si belles : sa mort m^ouvre la bouche ; je puis enfin nommer ma fille devant mon roi^ je puis le prier de la relever jusqu'à moi^ jusqu*à son propre rang , et de lui rendre ^ par sa bonté ^ eh présence de la cour du royaume et du monde entier le titre de princesse qu'elle tient de sa naissance.

LE ROL

Si la nièce que tu veux nous amener tout élevée , réunit en elle les vertus de son père et celles de sa mère^ la cour et la famille royale seront forcées d'admirer le lever d'un nouvel astre qui remplacera celui dont nous venons d'être privés.

LE DUC

Apprends à la connaître^ avant de te déclarer eii sa faveur ; ne te laisse pas prévenir par les éloges d'un père. La nature lui a donné beaucoup de choses que j'admire avec ravissement, et j'ai rassemblé autour de son enfance tout ce qui dépend du cercle

i64 LA FILLE NATURELLE,

auquel je commande j ses premiers pas ont ele guidés par une femme accomplie et par un homme sage. Avec quelle ivresse et quelle gaieté elle jouit du présent ! comme elle sait peindre à son imagination ce bonheur futur , des couleurs flatteuses de la poésie ! Son cœur joyeux s'attache à son père ^ et tandis que son esprit, attentif aux leçons d'hommes prudens, se développe par degrés^ l'habitude des exercices chevaleresques ne manque pas à son corps élégant. Toi même , ô mon roi^ tu l'as vue près de toi , sans la connaître , dans la foule des chasseurs. Oui , encore aujourd'hui^ cette jeune amazone qui, sur un cheval rapide ^ s'est précipitée la première dans le fleuve , à la poursuite du cerf ^ c'était elle.

LE ROI

]\ous prenions tous grand soin de cette noble enfant -, je suis charmé d'apprendre qu'elle est ma parente.

LE DUC

Ce n'est pas aujourd'hui pour la première fois, que j'éprouve comment l'orgueil et la crainte , \^^ bonheur et l'inquiétude, en se mêlant dans le cœur d'un père, le remplissent d'un sentiment trop fort pour l'humanité.

LE ROL

Le cheval a emporté avec force et agilité cette jeune amazone près des rives du fleuve , au travers d'une colline boisée et sombre. C'est ainsi qu'elle m'a échappé.

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