‹ Œuvres dramatiques de J.W. GoetheChapitre 152 sur 221 · ACTE I, SCÈNE VI. i8j · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE VI. i8j

mon cœur déchiré. Ce bonheur ne doit pas rester inutile^ je veux kii consacrer ici même un monument éternel. Un temple s'élèvera en ce lieu consacré à la guérison , comme à la chose qui rend le plus heu-| reux. A Tentour ta main élèvera un royaume de fées. Un labyrinthe d'allées agréables s'entrelacera dans le bois touffu; ce rocher immobile deviendra accessible , ce ruisseau coulera semblable à un miroir tranquille , et le voyageur étonné se croira arrivé dans un paradis. INul trait ne tombera ici tant que je vivrai ; nul oiseau ne sera chassé de sa branche , nulle béte sauvage ne sera ciTrayée ni blessée dans sa tannière. Lorsque mes yeux me refuseront leur secours, etqucmes pieds serontsans vigueur, je viendrai encore ici appuyé sur toi j le sentiment de la reconnaissance m'animera toujours également. Mais adieu!... Quoi, tu pleures?

EUGÉNIE

Quand mon père a pu craindre avec angoisse de perdre sa fille, aucune inquiétude ne doit-elle naître

en moi, li l'idée de Comment le penser et le

dire de le perdre ? Les pères privés de leurs

enfans sont bien à plaindre , mais les enfans privés de leurs pères le sont plus encore. Et moi , la plus malheureuse de tous , je resterais seide dans ce monde immense qui m'est étranger ; je serais séparée de lui, de mon unique guide!

Ll^ DUC.

Je te rends les consolations que tu m'as données.

i86 LA FILLE NATURELLE.

Poursuivons notre chemin gaîment comme autrefois. La vie est le gage de la vie et se défend elle-même. Séparons-nous promptement ; une rencontre lieu-, reuse nous dédommagera de cette séparation qui nous a trouvés trop faibles.

( Us se quittent brusfjuement ; de loin ib 6e disent encore on dernier adieu en étendant les bras , et disparaissant. )

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