ACTE ly, SCÈNE T. u'^g
LÇ CONSEILLER.
Choisira-t-elle un pareil lien de sa propre volonté?
LA GOUVERNANTE
De grands maux la forceront à ce choix.
LE CONSEILLER
Peut-on la posséder honnêtement dans de telle circonstances ?
LA GOUVERNANTE
Celui qui se dévoue saisit Foccasion et ne raisonne point.
LE CONSEILLER
Que demandes-tu avant tout ?
LA GOUVERNANTE
Il faudra qu'elle se décide à l'instant même.
LE CONSEILLER
Son destin est donc pressé d'une manière effrayante.
LA GOUVERNANTE
Le départ s'apprête dans le port.
LE CONSEILLER
Lui as-tu conseillé un telle alUance ?
LA GOUVERNANTE
Je lui en ai parlé d'une manière détournée.
LE CONSEILLER
En a-t-elîe rejeté la pensée avec dégoût?
5à4o LA FAILLE NATURELLE.
LA GOUVERNANTE
Le bonheur était encore trop près d'elle.
LE CONSEILLER
Ces images attrayantes pourront-elles disparaitre?
LA GOUVERNANTE
La vue de la pleine mer Ta effrayée.
LE CONSEILLET.
Elle craint donc de quitter la patrie ?
LA GOUVERNANTE
Elle le craint^ et moi je le redoute à Tégal de la mort. O toi qui as le cœur noble, et que nous avons rencontré si heureusement^ ne te contente pas d'un vain échange de paroles. Tu es jeune encore et doué de toutes les vertus qui ont besoin d'une foi puissante et d'un vif amour ; tu es entouré sans doute d'un cercle brillant de tes semblables , je ne dis pas de tes égaux. Sonde ton propre cœur et ceux de tes amis , et dis si tu y trouves une mesure compïète d'amour , de dévouement , de force et de courage , telle enfin que celle dont cette personne inestimable comblera du fond de son ame celui qui la méritera.
, LE CONSEILLER
Je comprends et je sens ta position; je ne puis^ comme le demanderait la prudence, délibérer mûrement en moi-même. Je veux lui parler.
(Ij» Gonremantfl »'npprorh* cVEnpéni*. )