‹ Œuvres dramatiques de J.W. GoetheChapitre 187 sur 221 · ACTE ly, SCÈNE T. u'^g · texte numérisé non relu

ACTE ly, SCÈNE T. u'^g

LÇ CONSEILLER.

Choisira-t-elle un pareil lien de sa propre volonté?

LA GOUVERNANTE

De grands maux la forceront à ce choix.

LE CONSEILLER

Peut-on la posséder honnêtement dans de telle circonstances ?

LA GOUVERNANTE

Celui qui se dévoue saisit Foccasion et ne raisonne point.

LE CONSEILLER

Que demandes-tu avant tout ?

LA GOUVERNANTE

Il faudra qu'elle se décide à l'instant même.

LE CONSEILLER

Son destin est donc pressé d'une manière effrayante.

LA GOUVERNANTE

Le départ s'apprête dans le port.

LE CONSEILLER

Lui as-tu conseillé un telle alUance ?

LA GOUVERNANTE

Je lui en ai parlé d'une manière détournée.

LE CONSEILLER

En a-t-elîe rejeté la pensée avec dégoût?

5à4o LA FAILLE NATURELLE.

LA GOUVERNANTE

Le bonheur était encore trop près d'elle.

LE CONSEILLER

Ces images attrayantes pourront-elles disparaitre?

LA GOUVERNANTE

La vue de la pleine mer Ta effrayée.

LE CONSEILLET.

Elle craint donc de quitter la patrie ?

LA GOUVERNANTE

Elle le craint^ et moi je le redoute à Tégal de la mort. O toi qui as le cœur noble, et que nous avons rencontré si heureusement^ ne te contente pas d'un vain échange de paroles. Tu es jeune encore et doué de toutes les vertus qui ont besoin d'une foi puissante et d'un vif amour ; tu es entouré sans doute d'un cercle brillant de tes semblables , je ne dis pas de tes égaux. Sonde ton propre cœur et ceux de tes amis , et dis si tu y trouves une mesure compïète d'amour , de dévouement , de force et de courage , telle enfin que celle dont cette personne inestimable comblera du fond de son ame celui qui la méritera.

, LE CONSEILLER

Je comprends et je sens ta position; je ne puis^ comme le demanderait la prudence, délibérer mûrement en moi-même. Je veux lui parler.

(Ij» Gonremantfl »'npprorh* cVEnpéni*. )

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