‹ Œuvres dramatiques de J.W. GoetheChapitre 210 sur 221 · EUGÉNIE, LA GOUVERNANTE · texte numérisé non relu

EUGÉNIE, LA GOUVERNANTE

Comment , une main suprême ? De qui parle celte femme hypocrite ? de Dieu ? mais la Divinité ne peut être mêlée dans un tel forfait. Du roi ?... Il est vrai, je dois subir ce qu'il a prononce contre moi ; mais je ne veux plus demeurer dans le doute, flotter entre la crainte et l'espérance, et, comme une femme ordinaire, céder aux sentimens pusillanimes de mon cœur. Qu'il se brise, s'il le faut; je verrai cette feuille, quand l'arrêt de mort serait signé du roi ou de mon père lui-même. Je veux regarder en face la divinité irritée qui m'écrase de sa colère. Oh, que ne suis- je en sa présence! Le dernier regard de l'innocence opprimée est foudroyant.

LA GOUVERNANTE

Je ne te l'ai jamais refusée, prends-la.

EUGENIE jetant les yeax sur le papier.

Tel est le sort des hommes ; au milieu de leurs plus grands maux, ils craignent toujours pour l'avenir des maux plus grands encore. Sommes-nous donc si riches, grands Dieux, que vous ne puissiez tout nous ravir d'un seul coup ? Ce papier, qui a déjà détruit tout le bonheur de ma vie^ me fait redouter encore des angoisses plus terribles. ( Elle le déplie ) Prends

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