‹ Œuvres dramatiques de J.W. GoetheChapitre 213 sur 221 · ACTE V, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE VI

qui doit m'y conduire sera mon premier pas vers la liberté. Alors^ que les vagues me reçoivent dans leur sein ; j'irai^ porte'e par elles , chercher au fond de leurs abîmes, un asyle de paix ; et quand je n'aurai plus rien à craindre de l'injustice de ce monde, qu'elles poussent mon pâle cadavre vers le rivage^ pour qu'une âme pieuse me creuse un tombeau sur le sol chéri de ma patrie. ( Elle fait quelques pas ) Allons. (^Elle s'arrête) Mon pied ne veut-il plus obéir? Qui donc enchaîne mes pas^ et me retient ici ? Misérable amour d'une vie sans dignité, tu me rappelles à de rudes combats. Le banissement, la mort, le déshonneur , m'entourent et se disputent ma dépouille ; si je me détourne de l'un avec horreur, l'autre aussitôt se présente à moi et me raille d'un sourire infernal. Il n'y a donc aucun moyen d'écarter ces spectres qui m'apparaissent sous mille formes hideuses ! nul homme ^ nul dieu même ne le pourrait faire. Oh , si une seule parole favorable me venait par hasard du sein de cette multitude j qu'un oiseau, messager de paix, rasât ma tête d'une aile légère^ et m'indiquât ma route I je suivrais volontiers celle qu'il m'aurait tracée. Un signe ! et je croirai , et j'obéirai aussitôt avec espoir et confiance au doigt de Dieu.

a8o LA FILLE NATURELLE.

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