‹ Œuvres dramatiques de J.W. GoetheChapitre 41 sur 221 · LE COMTE, LE CHANOINE · texte numérisé non relu

LE COMTE, LE CHANOINE

LE COMTE

A votre tour maintenant, chanoine. Une justice sévère vous attend. — Je ne vous aurais point cru capable d'une pareille faute. — L'élève auquel Je tends les bras plus qu'à tous les autres, que j'attire vers mon sein , à qui j'ai dévoilé déjà les mystères du deuxième grade, soutient si mal une aussi faible épreuve! Les menaces de son maître, l'espérance de voir le Grand-Cophte, rien n'a pu le décider à différer un banquet de quelques nuits. Fi! cela est-il

digne a Lin liomme? Cela est-il sage? Les leçons du plus grand des mortels ;, la protection des esprits divins^ la révélation de tous les secrets de la nature, une éternelle jeunesse, une santé toujours florissante , une force inébranlable , une impérissable beauté, tu brigues ces trésors, les plus grands que puisse posséder un mortel j et, pour les obtenir, tu ne peux pas renoncer à un souper !

LE CHANOINE à genoux.

Tu m'as vu souvent à tes pieds j je n/y jette encore. Pardonne- moi- ne m'enlève pas tes bonnes grâces. L'entraînement.... l'occasion.... l'égarement... je ne te désobéirai plus jamais. — Je t'en prie, impose-moi la punition que tu jugeras convenable.

LE COMTE

Comment puis-je me fâcher contre toi, contre toi le favori de mon cœur! Comment t'abandonner, toi l'élu du Destin! Lève-loi! viens sur mon sein dont rien, même la force, ne pourrait t'arracbcr!

LE CH ANGIN r.

Que tu me ravis! — Mais, dans ce moment où je devrais pleurer et expier ma faute, oserais-je te demander une grâce en signe de réconciliation?

LE COMTK.

Parle, mon cher.

LE CliANOINE.

]Se m? laisse pas plus long- temps dans rinccii?-

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