ACTE î, SCKNE IV. ai
Iule* donne-.iioi ua iFcit do lumière sur l'hoiTimc elonnant que tu appelles le Grand-Goplite, que ta veux nous faire voir et dont tu nous promets tant de merveilles! Qu-l est-il? Où est-il? Est-il près d'ici? L e verrai-je? Peut-il encore m'eslim3r? M'accueillei'a-t-il? Me livre? a-t -il les secrets après lesquels mon cœur soupire si ardemnieiit l
LE COMTE
Doucement, doucement, mon fils : si je ne te découvre pas tout sur-le-champ,, c'est avec intention et pour ton bien. — Eveiller ta curiosité , exercer ton intelligence, vivifier ta science, tel est mon vœu. C'est ainsi que je mériterai bien de toi. Ecouter et s'instruire, c'est ce que peut faire un enfant^ observer et deviner, c'est ce que doivent faire mes élèves. — Quand j'ai prononcé le mot Goplite, rien ne t'est-il venu à Tesprit?
LE CHANOINE
Copliteî Copliteî Oui^ si je puis te l'avouer franment^ mon imagination quittait alors tout à coup cette partie du monde froide et resserrée ; elle s'élançait vers ces brillantes régions où le soleil couve incessamment d^inefTabîes mystères. L'Egypte s'offrait soudain à mes yeux^ de saintes ténèbres m'environnaient; je m'égarais au milieu des pyramides, des obélisques, des sphinx monstrueux , des hiéroglyphes : tout mon corps frissonnait. — ^ Là« je voyais marcher le Grand-Cophte; je le voyais entouré d'une foule de disciples qui
semblaient attaches comme par des chaînes à sa bouche divine.
LE COMTE
Cette fois ton imai^ination ne t'a point trompé. Oui, ce grand 5 ce subHme^ et je le dirai même cet immortel vieillard, est le personnage dont je vous parlais, que vous espe'rez voir un jour. Depuis plusieurs siècles il habite cette terre, florissant d'une e'ternelle jeunesse. Les Indes, l'Egypte, sont le séjour (îu'il préfère. Il se promène nu dans les déserts de la Lybie, et là scrute avec ardeur les mystères de la nature j le lion affamé s'arrête devant son bras terrible et puissant j le tigre furieux fuit au bruit de ses paroles magicpies , pour que sa main savante puisse rechercher paisiblement les plantes salutaires, et distinguer les pierres qui, par leurs vertus occultes, sont plus précieuses que l'or et les diamans.
Et cet homme admirable, devons-nous le voir? Indique-m'en les moyens.
LE COMTE
O ! que ta vue est bornée ! Quels signes t'offrir à toi dont les yeux sont fermés?
LE CHANOINE
Un seul mot.
LE COMTE
C'en est assez. — J'ai coutume de ne jamais dire à mes ('lèves cv, qu'ils doivent savoir.