‹ Œuvres dramatiques de J.W. GoetheChapitre 52 sur 221 · ACTE II, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE II

LE MARQUIS

C'est une entreprise hardie : mais , dis-moi , ne crains-tu pas de former un' pareil plan si près du comte, de ce grand magicien?

LA MARQUISE

C'est un grand fripon. Sa magie consiste dans sa finesse, dans son impudence. Il sait bien que je le connais^ nous réglons notre conduite sur les circonstances; nous nous entendons sans nous parler; nous nous secourons mutuellement sans en être convenus.

Mais les esprits qui l'entourent !

LA MARQUISE

Chansons !

LE MARQUIS

Les miracles qu'il fait !

LA MARQUISE

Contes !

LE MARQUIS

Tant de gens cependant ont vu....

LA MARQUISE

Aveugles !

LE MARQUIS

Tant de personnes croient....

LA MARQUISE

Sots !

LE MARQUIS

C'est trop universel^ tout le monde en est convaincu.

LA MARQUISE

Parce que tout le monde est simple.

Ses cures merveilleuses !

LA MARQUISE

Gliarlatanerie !

LE MARQUIS

Les tre'sors qu'il possède 1

LA MARQUISE

Il peut les avoir acquis comme nous projetons d'acquérir le collier.

LE MARQUIS

Tu crois donc qu'il n'est pas plus sage qu'un autre.

LA MARQUISE

Juge-le, si tu peux. Ce n'est point un coquin ordinaire. Il est aussi entreprenant et puissant que jusé^ aussi impudent que prévoyant j il dit les choses les plus sensées et les plus déraisonnables. La plus pure vérité et le plus vil mensonge sortent i'raterncllement de sa bouche. Lorsqu'il entreprend de vous vanter, il n'est pas possible de distinguer s'il vous regarde comme le meilleur des etres^ ou bien s'il est fou j et il faut moins que cela pour égarer Tesprit des hommes.

Page 1