‹ Œuvres dramatiques de J.W. GoetheChapitre 58 sur 221 · ACTE II, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IV

LA MARQUISE

A-t-il expliqué comment il le ferait voir, en quel lieu ?

LE CHEVALIER

Dans la maison du chanoine, clans la loge égyptienne, où il nous a initiés. Ce soir.

LA MARQUISE

Je ne comprends pas cela. Le Grand-Cophte serait-il déjà arrivé ?

LE CHEVALIER

C'est incompréhensible pour moi.

LA MARQUISE

Le chanoine le connaîtrait-il, et l'aurait-il nié jusqu'à présent?

LE CHEVALIER

Je ne sais que penser; mais, quoi qu'il en'soit, je suis déterminé à démasquer l'imposteur dès que je le découvrirai.

LA MARQUISE

En amie , je ne puis vous conseiller une aussi héroïque entreprise j croyez-vous que ce soit une chose si facile ?

LE CHEVALIER

Quel miracle a-t-il donc fait devant nos yeux? et, je vous le demande, s'il continue à nous faire attendre le Grand-Gophte, si enfin tout cela aboutit à une mascarade , s'il veut nous imposer un vagabond de son espèce comme le grand maître de son

art, avec quelle facilité les yeux du chanoine et de toute Fécole se dessilleront!

LA MARQUISE

Ne ne le croyez pas, chevalier; les hommes aiment mieux l'obscurité que le grand jour, et c'est précisément dans l'obscurité qu'apparaissent les fantômes : et refléchissez alors à quel danger vous vous exposez si, par une action précipitée et inconsidérée, vous offensez un tel homme. Je le vénère toujours comme un être surnaturel. — Et sa magnanimité, sa libéralité, sa bienveillance pour vous ! ne vous a-t-il pas présenté dans la maison du chanoine? ne vous lavorise-t-il pas de toutes les manières? ne pouvezvous pas espérer de faire par lui votre bonheur, bonheur qui est pour vous très éloigné, puisque vous n'êtes que le troisième de votre famille ? — Mais vous êtes distrait. — Je me trompe, chevalier , ou vos yeux sont plus occupés de ma nièce que votre esprit ne Test de mes paroles.

LE CHEVALIER

Pardonnez-moi ma curiosité. Un objet nouveau attire toujours les regards.

LA MARQUISr.

Surtout quand il est séduisant.

LE MAR QU IS qui jusqu'à lor^ s'csl cnlrelenu bas avec la nièce.

Vous «*tos distraite et vos 3'cux semblent fixés de ce coté.

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