‹ Œuvres dramatiques de J.W. GoetheChapitre 64 sur 221 · ACTE II, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE V

LE MARQUIS

Une jeune fille irmocerite doit être présentée au Gran(l-Goplite?le Grand-Gophte vient dé l'Orient? Je ne pense pas

LE COMTE

Eloignez toute idée éti*angère^ toute idée maligne. (^à la nièce y d'une voix douce et amicale, ) Approchez , mon enfant , soyez sans crainte ^ approchez. — Bien comme cela. — Montrez - vous de cette manière au Grand-Gophte. Ses yeux pénétrans vont vous éprouver. Il vous conduira devant un cristal d'un éclat éblouissant; vous y apercevrez les esprits qui répondent à sa voix^ vous jouirez du bonheur vers lequel lés autres s'efforcent en vain d'arriver, vous instruirez vos amis, et aussitôt vous prendrez un rang distingué dans la société vers laquelle vous marchez; vous la plus jeune, mais aussi la plus pure. Parions, marquise, que cette enfant verra les choses qui rendent le chanoine si heureux. Parions marquise ?

LA NIÈCE

Parier ! avec vous qui savez tout î

LA NIECE qui, jusqu'alors, a cherché à dissimuler son embarras.

Epargnez-moi , monsieur le comte , épargnezmoi, je vous en prie.

LE COMTE

Soyez sans inquiétude , chère enfant ; l'innocence n'a rien à craindre.

LA NIÈCE avec une émotion extrême.

Je ne puis voir les esprits! j'en mourrais!

LE COMTE la üattanU

Prenez courai^e. Cette crainte même, cette humilité vous sied à ravir, et vous rend digne de paraître devant nos maîtres. Donnez-lui des encouragemens, marquise.

( La marquise parle secrètement avec sa nièce. ) LE MARQUIS.

JNe puis-je aussi être témoin de cette merveille ?

LE COMTE

Cela n'est pas certain. Vous êtes encore moins préparé que ces dames. Vous vous êtes, pendant tout le temps , abstenu de nos assemblées.

LE MARQUIS

Pardonnez-moi, j'étais occupé.

LE COMTE

A vous parer, occupation que vous devriez abandonner à des femmes.

LE MARQUIS

Vous êtes trop rigide !

LE COMTE

Pas si rigide j car je devrais exclure celui qui ne me donne pas d'espérance. Venez, venez; allons nous promener un quart d'heure ; au moins faut-il que je vous examine et que je vous prépare. Adieu, mesdames, au revoir.

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