ACTE II, SCÈNE V
LE MARQUIS
Une jeune fille irmocerite doit être présentée au Gran(l-Goplite?le Grand-Gophte vient dé l'Orient? Je ne pense pas
LE COMTE
Eloignez toute idée éti*angère^ toute idée maligne. (^à la nièce y d'une voix douce et amicale, ) Approchez , mon enfant , soyez sans crainte ^ approchez. — Bien comme cela. — Montrez - vous de cette manière au Grand-Gophte. Ses yeux pénétrans vont vous éprouver. Il vous conduira devant un cristal d'un éclat éblouissant; vous y apercevrez les esprits qui répondent à sa voix^ vous jouirez du bonheur vers lequel lés autres s'efforcent en vain d'arriver, vous instruirez vos amis, et aussitôt vous prendrez un rang distingué dans la société vers laquelle vous marchez; vous la plus jeune, mais aussi la plus pure. Parions, marquise, que cette enfant verra les choses qui rendent le chanoine si heureux. Parions marquise ?
LA NIÈCE
Parier ! avec vous qui savez tout î
LA NIECE qui, jusqu'alors, a cherché à dissimuler son embarras.
Epargnez-moi , monsieur le comte , épargnezmoi, je vous en prie.
LE COMTE
Soyez sans inquiétude , chère enfant ; l'innocence n'a rien à craindre.
LA NIÈCE avec une émotion extrême.
Je ne puis voir les esprits! j'en mourrais!
LE COMTE la üattanU
Prenez courai^e. Cette crainte même, cette humilité vous sied à ravir, et vous rend digne de paraître devant nos maîtres. Donnez-lui des encouragemens, marquise.
( La marquise parle secrètement avec sa nièce. ) LE MARQUIS.
JNe puis-je aussi être témoin de cette merveille ?
LE COMTE
Cela n'est pas certain. Vous êtes encore moins préparé que ces dames. Vous vous êtes, pendant tout le temps , abstenu de nos assemblées.
LE MARQUIS
Pardonnez-moi, j'étais occupé.
LE COMTE
A vous parer, occupation que vous devriez abandonner à des femmes.
LE MARQUIS
Vous êtes trop rigide !
LE COMTE
Pas si rigide j car je devrais exclure celui qui ne me donne pas d'espérance. Venez, venez; allons nous promener un quart d'heure ; au moins faut-il que je vous examine et que je vous prépare. Adieu, mesdames, au revoir.