ACTE II, SCKNE V
' LA MARQUISE
Il nous a tous effrayés. — Chose étonnante et bizarre! ( A pavt^ Quelle effronterie !
Mais vous ne pouvez concevoir à quel point je suis fatigué. Toutes mes articulations sont comme rompues. J'ai besoin de quelques heures pour me remettre. Vous ne vous doutez point de cela; vous pensez qu'on peut tout faire commodément avec une baguette magique.
LE MARQUIS
Homme vénérable et surprenant 1 ( A part. ) Le menteur î
LA NIÈCE s'approchant du comte.
Vous m'avez donné bien de l'inquiétude , mon^sieur le comte.
LE COMTE
Aimable enfant, quelle naïveté! — (à la mar~ quise ) C'est votre nièce ?
LA MARQUISE
Oui, monsieur le comte 3 elle a perdu depuis peu sa mère, elle a été élevée à la campagne et n'est à la ville que depuis trois jours.
LE COMTE regardant la nièce avec finesse.
Ainsi donc, Uriel ne m'a pas trompé.
LA MARQUISE
Uricl vous a parlé de ma nièce?
LE COMTE
IVon pas directement- il m'a seulement préparé à la voir.
LA NIÈCE bas an jnarquis.
Ciel! il sait tout, il va tout trahir!
LE MARQUIS
Calmez-vous et écoutons.
LE COMTE
J'étais ces jours-ci dans une grande perplexité en méditant sur l'importante action qui doit avoir lieu aujourd'hui. — Aussitôt que le Grand-Gophte se sera manifesté à vous^ il jettera les yeux autour de lui et demandera^ où est l'innocente? ouest la colombe? Il faudra que je lui présente alors une jeune fille sans tache. Je cherchais où je pourrais la trouver^ comment je pourrais la faire conduire ici. Uriel me sourit alors et me dit : console-toi , tu la trouveras sans la chercher. Quand tu reviendras d'un grand voyage, la plus belle, la plus pure colombe se présentera devant toi. Tout s'est accompli, sans que je pusse le prévoir. Je reviens d'Aniérique et celte innocente enfant est devant mes yeux.
LE MARQUIS bas.
Uriel, cette fois, s'est grandement trompé.
LA NIÈCE bas.
Je tremble, je chancelé!
LA MARQUISE bas.
Ecoutez donc jusqu'à la fin.