LA MARQUISE, LA NIÈCE
LA NIÈCE
(Lorsque le comte et le marquis sont sortis, elle demeure debout au fond du théâtre dans l'attitude du désespoir. )
LA MARQUISE sur le devant de la scène , à part.
Je comprends ce signe j je te remercie, comte, de me regarder comme égale à toi. Le désir que tu as de m'étre utile ne doit pas tourner à ta perte. — 11 remarque depuis long-temps que je berce le cha-
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noine avec respérance de gagner pour lui la princesse. Il ne soupçonne rien de mon vaste plan; il croit tout cela concerté pour une simple duperie ; il pense maintenant à m'étre utile, parce qu'il a besoin de moi ; il me donne la faculté de tromper comme je voudrai le chanoine au moyen de ma nièce, et je ne le puis faire sans fortifier la croyance qu'il a pour les esprits. Bien, comte ! voilà comme les forts d'esprit doivent s'entendre pour se soumettre les faibles , les imbécilles. ( se retournant ) Petite nièce, où étes-vous? que faites-vous?
LA NIÈCE
Je suis perdue !
(Elle avance d'nn pas mal assuré vers sa tanle , et s'arrête à moitié chemin. LA MARQUISE.
Remettez-vous , ma chère !
LA NIÈCE
Je ne puis voir, je ne verrai pas les esprits.
LA MARQUISE
Chère enfant, laissez-moi ce soin. Je veux vous donner des conseils , vous soulager.
LA NIÈCE
Point de conseil ; point de secours ; sauvez moi ! sauvez une infortunée d'un affront public ! le magicien veut me perdre; je ne verrai point les esprits! je resterais là couverte de honte aux yeux de tous.
LA MARQUISE à part.
Que peut signifier cela?