ACTE II, SCÈNE VI. 6i
LA MARQUISE à part.
Elle est séduite^ et par mon époux! ces deux faits me surprennent^ et viennent mal à propos! remettons-nous! — Loin de moi tous les sentimens étroits? la question est de savoir si je ne puis pas mettre aussi à profit cette circonstance. — Sans doute. — Oh! elle sera désormais bien plus docile, et m'obéira aveui;lément. — Et cette découverte me donne en outre sur mon mari de nouveaux avantages. Pourvu que j'atteigne mon but , tout le reste m'est indifférent! (/i^w^) Venez ma nièce. Remettez-vous. Vous êtes une bonne, une digne enfant. Je pardonne tout. Venez! — baissez votre voile : nous allons sortir en voiture 5 il faut vous distraire.
LA NIECE se levant et se jetant au cou de la marquise.
Chère, excellente tante , que vous me confondez!
LAmARQJU'ilSE.
Vous trouverez en moi une amie, une confidente j seulement, le marquis doit l'ignorer ; épargnons-lui cet embarras-
L A NIÈCE
Quelle grandeur d'ame!
LA MARQUISE
Il faudra que vous l'évitiez adroitement ; je vous aiderai de mon secours.
LA NIÈCE
J e suis toute entre vos mains î
LA MAR,QUISp.
Et qu^nt à ce qui louche les esprits, je vous révélerai des secrets très singuliers, et vous regarderez cette coiiipagnie si épouvantable comme une simple plaisanterie. Venez , venez se^leruent.