ACTE III, SCÈNE VI
à dire j jo ne change rien à mes scntiniens , ct.... Coni'cdiez-moi.
LE COMTE
C'est précisément pour cela que je te presse contre mon cœur, que je jette mon chapeau loin de toi, et que je te salue comme martre. Tu as surmonté l'épreuve, tu as échappé à la tentation, tu t'es montré l'homme que je cherche. Tout ce que tu as entendu de la bouche du chanoine^ tout ce que, hélas 1 ce malheureux , avec beaucoup d'autres , prend pour la vérité, est seulement l'épreuve, la tentation. Quand les maîtres farauds, sublimes, désintéressés, veulent faire avancer un apprenti qui montre des dispositions, ils le tentent d'abord, et cela ne peut manquer, en lui ofïiant les avantages apparens d'une conduite intéressée. S'il donne dans* ce piège , il lait un pas en arrière , lorsqu'il pense en taire un en avant ; nous l'abandonnons longtemps à ses sentimens, etil est bien heureux quand, par de longs détours, nous le conduisons enfin à la lumière.
LE CHEVALIER
Je ne sais que dire. Quoi ? le chanoine pense que les principes qu'il m'a exposés avec tant de complaisance , sont les vrais , les droits principes ?
LE COMTE
Il le pense , le malheureux.
LE CH EVALÎER.
Et vous, son ami de cœur, vous ne le tirez pas de son erreur ?
LE COMTE
J'y travaille ; mais cela est plus difficile que tu ne penses. La présomption d'un égoïste à demi éclairé l'élève, à ses yeux, bien au-dessus des autres hommes. Croyant les surpasser , il ne fait plus d'efforts pour s'instruire, et donne précisément par-là aux autres occasion de le surpasser , de le gouverner.
LE CHEVALIER
Vous ne devriez point avoir de repos jusqu'à ce que ses yeux fussent ouverts.
LE COMTE
Pour que tu apprennes à connaître combien celte tâche est difficile, il faut que tu m'aides à le ramener à la bonne voie.
LE CHEVALIER, après une pause.
Il serait donc vrai que je ne me suis pas trompé à votre égard ! depuis le temps que je vous connais, j'ai donc trouvé toujours en vous le meilleur, le plus grand , le plus inconcevable des hommes ! Ma reconnaissance est sans bornes , ma joie reste muette dans cet embrassement.
LE COMTE
Va maintenant, mon fils: dans la chambre voisine sont rangés les enfans, au milieu desquels seulement l'on doit se montrer au Grand-Gophte. Si tous ceux qui veulent se présenter à lui en ce jour étaient purs comme toi, il éprouverait lui-même une grande