‹ Œuvres dramatiques de Lope de Vega;Chapitre 82 sur 226 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

Une Mlle du ohâte^a de don Tello.

ELVIRE traverse la scène en fuyant devant DON TELLO,

FELIGIANA.

ELVIRE. — Protégez-moi, mon Dieu! puisqu'il n'est plus de protection pour moi sur la terre,

TELLO. — Il faut que je la tue.

FEUciANA. — Pitié, grâce, mon frère.

TELLO. — C'est m'exposer, ma sœur, à manquer au respect que je te dois.

FEUCIANA. — Que j'obtienne au moins comme ta sœur ce que tu devrais m'accorder comme femme.

TELLO. — Malédiction sur une fille insensée qui, pleine d'un misérable amour, ose ainsi braver son seigneur, sans que rien ait pu abattre son orgueil ! Mais qu'elle n'imagine pas m'échapper. Je la tue, ou elle m*appartiendra.

(Entre Celio.)

CELio. — Je ne sais, madame, si ma crainte est bien fondée, mais Nuno est occupé à recevoir des hôtes de qualité. Tout le monde a l'air de cacher un secret. Sanche a reparu dans la maison. On l'aurait dépéché en Gastille, sous prétexte de quelque affaire. Jamais je ne les ai vus agir avec tant de mystère.

FEUCIANA. — C'est ta faute si tu n'as que des soupçons. Tu ne manquais pas de prétextes pour entrer chez Nuno, et savoir le vrai.

422 LE MEILLEUR ALGADE.

GELio. — J'ai eu peur de sa colère. Il en veut à tous les gens du château.

FELiGiANA. — Il cst bon de prévenir mon frère. Sanche ne manque ni d'esprit ni de courage. Toi, Celio, reste pour voir si quelqu'un vient.

(Elle sort.)

GELIO. — La mauvaise conscience est toujours craintive; et d'ailleui*s un crime comme celui de don Tello demande vengeance au ciel.

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