‹ Œuvres dramatiques de N. DestouchesChapitre 109 sur 357 · DAM1S · texte numérisé non relu

DAM1S

Pasquin, que penses-tu de tout ce que tu vois?

PASQUIN

Je suis content de vous , Monsieur, pour cette fois. Oui, j'en pleure de joie, et vous demande en grâce De vouloir bien souffrir....

DAMIS

Quoi?

PASQUIN

Que je vous embrasse.

DAMIS

D'où te vient donc, Pasquin, un tel ravissement? Dis-moi.

PASQUtN.

De voir en vous un si prompt changement

DAMIS

Moi , je n'ai point changé , je suis toujours le même.

pasquin.

ITavez-vous par promis?....

DAMIS

Ta sottise est extrême.

Tu crois que, pour Cléon , je m'en vais renoncer A l'hymen d'Isabelle ?

PASQUIN

Tu l'as pu penser?

i54 L'INGRAT.

PASQUIN

Gomment donc? je croyois la chose indubitable.

DAMIS

Oh bien ! détrompe-toi , rien n'est moins véritable. Quoi ! moi-même j'irois détruire mon bonheur , Par un sot point de gloire , un chimérique honneur!

pasquih.

Pour vous en dispenser, comment pourrez-vous faire?

DAMIS

Je sais me retourner, j'ai plus d'un caractère.

PASQUÏW.

Vous êtes donc un fourbe , aussi-bien qu'un ingrat?

DAMIS

Si je me dévoilois , je ne serois qu'un fat ; Il faut, dans le besoin, travailler d'industrie. C'est ce que le vulgaire appelle fourberie : Moi , je l'appelle adresse et souplesse d'esprit. Parlez selon les gens , et tout vous réussit.

PASQUIN

Surtout l'hypocrisie.

Oui.

PASQUIN

Même en ma présence, Vous vantez le bon cœur et la reconnoissance.

DAMIS

Je m'y suis vu forcé. Puisqu'on hait les ingrats, Je ne puis être ingrat, et ne m'en cacher pas : Un ingrat doit savoir l'art de se contrefaire.

Digftizei

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