ACTE IV, SCENE VII. aai
VASQUIN.
C'est là pourquoi, Monsieur, j'ai voulu tout risquer, Pour rebuter Gérante , et pour vous rembarquer Avec l'autre beau-père et la trop bonne Orphise , Qui de vous, m'a-t-on dit, plus que jamais éprise, Prête à vous pardonner malgré tout son courroux, N'aspire qu'au bonheur de vous voir son époux.
DAMIS
Quoi ! tout de bon? tu crois qu'Orphise m'aime encore?
PASQUIÏT.
Oh ! oui , Monsieur ; Orphise est folle , et vous adore.
DAMIS
Mais en es-tu bien sûr?
PASQUIN
Oh ! j'en suis caution! Jugez mieux à présent de mon intention ! Je voulois, malgré vous, faire votre fortune. Vous voyez ma candeur ; ainsi plus de rancune.
DAMIS
A ce que tu me dis je n'ose ajouter foi ; Mais s'il se trouve vrai , tu rentre$ près de moi. Orphise m'aime encor! je ne puis, quand j'y pense, Lui marquer trop d'estime et de reconnoissance.
PASQUIN
Vous m'enchantez; ys vois, malgré ce que j'ai dit, Que vous avez le cœur aussi bon que l'esprit.
} DAMIS
L'occasion m'enchante, et m'épargne la honte De devoir la fortune à ce fou de Géronte.
aaa L'INGRAT.
PASQUIN
Vous en êtes bien las ? Ne me déguisez rien.
DAMIS
Son génie est, en tout, trop différent du mien : Son trop de probité, sa candeur, sa droiture, Tiennent incessamment mon âme à la torture ; Esclave des devoirs , sottement prévenu.... Ce bon homme m'ennuie à force de vertu.
PA.SQUIN.
Ah! que vous pensez juste!
Allons trouver Orphise.
PASQUIN
Je la crois chez Ariste; elle sera surprise
D'un aussi prompt retour, comme vous jugez bien.
Je. vais l'y préparer, et je n'oublîrai rien
Pour vous sauver, Monsieur, quelques fâcheux reproches
Qui pourroient échapper aux premières approches.
DAMIS
Non : je veux la surprendre , et vais adroitement...
PASQUIN
Ariste va rentrer dans un petit moment; Voulez-vous qu'il vous trouve avec elle?
DAMIS
Qu'importe ?
Le bon homme Gérorfte est prévenu de sorte, Qu'à tout ce qu'on pourroit lui dire contre moi , Quand j'en conviendrais même, il n'auroit nulle foi.
PASQUIN
Je vois bien à présent que vous lui feriez croire,