ACTE IV, SCENE VIL a
Dans la plus sombre nuit , que la nuit n'est pas noire.
DAHIS.
Oui; je suis son oracle, il croit ce que je veux , Et je le forcerois à démentir ses yeux.
PASQUIIC.
Et ses oreilles même.
DAMIS
Oui.
PASQUIN
Mais, puisque d'Orphise Votre âme généreuse est maintenant éprise, Il n'est plus question d'aucun ménagement Pour le bon homme; il faut le braver.
DAMIS
Doucement.
Je n'aime guère Orphise, encor moins Isabelle; Ma fortune m'occupe, et j'épouserai celle Qui pourra m'assurer le sort le plus heureux.
pasquif.
Àhï si vous les pouviez épouser toutes ^eux !
DAMIS
Je veux choisir, du moins.
PASQUItt.
Et p^r reconnoissance,, La plus riche des deux aura ia préférence.
DiMIS.
C'est ce qui doit régler un cœur sans passion.
Vous devriez pourtant, pour obliger Cléon....
na4 L'INGRAT.
DAMI&
Obliger Cléon! ipoi, lui rendre un bon office! Il me fait trop sentir qu'il m'a rendu service : Il met à trop hauf prix ses bienfaits et ses soins, Et le prix qu'il y met fait que je les sens moins.
pasquin.
Vous savez mieux que moi ce que les choses valent : Il n'est point là-dessus de gens qui vous égalent.
DiMIS.
Pasquin, vivons pour nous, c'est la première loi : Dans tout ce que je fais, je n'ai d'égard qu'à moi. Je songe à m'avancer, je m'estime, je m'aime, Et je n'ai point d'ami plus zélé que moi-même.
PASQUIN
Si ce n'est moi, Monsieur : souffleté, puis chassé, A vous servir encor je me suis empressé, Même en dépit de vous, afin de vous surprendre. Fut-il jamais valet plus fidèle et plus tendre?
DAMIS
Allons donc voir Orphise , et garde le secret ; C'est toujours le plus sur.
PASQUÏ!*.
Je suis fin et discret. Votre intérêt, Monsieur, est tout ce qui m'occupe,
(«col.) Ah, fourbe ! je te tiens;, et tu sertis ma dupe.
FIN DU QUATRIEME ACTE