‹ Œuvres dramatiques de N. DestouchesChapitre 153 sur 357 · ACTE V, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE I

Il exhaloit son cœur, un témoin dangereux L'écoutoit à la porte.

LISETTE

Et qui?

PASQUirr.

C'étoit Géronte.

LISETTE

Géronte !

PASQTJIff.

Oui, parbleu. Pour t'aller rendre compte De ce qui se passoit , je laisse nos amants Se confondre à Y envi dans de beaux sentiments. J'ouvre la porte, et vois, non sans surprise extrême, En ouvrant brusquement, le bon homme lui-même : Comme au mur attaché, stupéfait, interdit, Et qui n'a rien perdu de tout ce qui s'est dit.

LISETTE

Qui l'avoit conduit là? que venoit-il y faire?

PASQUJN.

Il venoit à dessein de quereller son frère ;

Tu sais qu'Orphise étpit dans son appartement.

Mon maître parloit haut Géronte apparemment

A reconnu sa voix , et le ciel a fait naître

Ce moment fortuné pour nous venger d'un traître.

LISETTE

Fort bien. Et que t'a dit Géronte ?

PA^QUIN

Pas un mot.

De son côté chacun est demeuré bien sot.

aa8 L'INGRAT.

En s'en allant , pourtant je l'entends qui murmure ; Plus il double le pas, plus il s'échauffe , il jure; U rencontre son frère au bas de l'escalier, C'est là que son dépit se fait voir tout entier. Il parloit bas pourtant, je ne pouvois l'entendre; Mais, en les regardant, ce que j'ai pu comprendre, C'est que tous deux, d'accord avec juste raison, Convenoient que Damis étoit un grand fripon.

LISETTE

C'est un fait sans dispute. Une telle aventure Doit nous conduire à bien.

PASQUIN

Je le crois.

LISETTE

Ten suis sûre.

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