ACTE V, SCENE V. ri
Mf obligeant à sortir, m'a privé de l'honneur De vous embrasser; mais....
(Il veut embrasser Gérante, qui lui tourne le dos.) G^RONTE.
Très-humble serviteur.
DORANTE
Permettez....
GtaONTE.
Ventrebleu ! laissez-moi , je vous prie; Je ne suis pas en train d'entendre raillerie. Croyez-moi, mon ami, j'ai le coup d'œil subtil, Je l'applique sur vous.
DORANTE
Sur moi ! que vous dit-il ?
GÉRONTE
Que vous êtes un fourbe, et pour ces demoiselles.... Je veux bien retrancher ce que je pense d'elles....
DORANTE, à Pasquin.
Mais il faut que cet homme ait perdu la raison.
PASQUIN
Elle est bien égarée.
GÉRONTE, courant après lui.
Attends, maître fripon, Je te ferai sentir si ma raison s'égare.
PASQUIN, mettant la main sur sa joue.
Je l'ai déjà senti.
DORANTE
Vous êtes bien bizarre !
À des gens comme nous faire un pareil accueil ! Ne vous piquez plus tant d'avoir un fin coup d'œil;
a38 , ' L'INGRAT.
Car je ne vois que trop que vous ne voyez goutte,
Et que votre bon sens, Monsieur, est en déroute.
GÉRONTE
Gomment! jusque chez moi vous venez m'insulter!
DORANTE
Oui, Monsieur, quand chez vous vous osez maltraiter Un homme de ma sorte, une fille d'honneur.
Dites deux , s'il vous plaît.
DORANTE
Nous avons trop de cœur Pour souffrir de sang- froid un affront si sensible : Vous m'en ferez raison.
ISABELLE, àGéronte.
Mon père, est-il possible Que vous ne sentiez pas....
GÉRONTE
Comment! vous me parlei, Insolente !
DORANTE
Eh! Monsieur....
GBROUTE, à Doflttte.
, Mon ami, détalez,
Car je suis sur le point de perdre patience.
DORANTE
Autre part que chez vous nous ferons connoissance, Et je vous prouverai....
GÉRONTB.
Quelle obstination !