ACTE V, SCENE VI. a
(présentant une lettre à Géronte. )
Tenez, connoissez-vou», Monsieur, son écriture?
GÉRONTE
Comme la mienne.
ORPHTSE.
Eh bien ! vous allez voir l'effet De vos bontés pour lui , par ce tendre billet Renvoyé de Nevers , où me croyant encore , Son style m'exprimoit combien il vous honore.
DORANTE
Il n'étoit à Paris que depuis quinze jours, Et n'y vivoit, je crois, que par votre secours.
GÉRONTE lit.
« Si je suis parti, belle Orphise, a Sans vous en avertir , n'en soyez pas surprise.
a Mes profonds soupirs et mes pleurs
ce Âuroient trop aigri vos malheurs.
« Sans ressource dans cette ville , 'a J'y vis chez un bourgeois, grondeur, capricieux,
« Qu'un long âge rend imbécille ;»
« J'emprunte quelque argent de cet homme ennuyeux,
« Pour rejoindre ma compagnie ,
« Et pars demain pour l'Italie.
a Recevez mes derniers adieux.
« D amis. »
Puis-je croire, grands dieux ! ce que je viens de lire? Je le comblé de biens, et l'ingrat me déchire ! Mes bienfaits sur son cœur ont ce cruel effet ! Je m'en vais le chercher, et lui dire son fait.
j44 L'INGRAT.
DORAWTEi
Vous attendrons-nous? *
GiHOlTTE.
Oui.
(Dans le temps qu'il veut sortir, Damis entre. )