‹ Œuvres dramatiques de N. DestouchesChapitre 17 sur 357 · ACTE I, SCENE IX. a · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE IX. a

GÉRONTE

Laissons là ce chapitre, et parlons d'autre affaire,

lolive. ■ De ce que vous voudrez; il faut vous satisfaire,

GÉRONTE

Hé bien ! ton héritage , en es-tu content ?

lolive.

Bon!

Ha vieille tante aimoit un beau jeune fripon , Qui, se prévalant trop d'un pareil avantage, Pendant ma longue absence a mangé l'héritage; Et n'ayant plus d'argent, ni de quoi se nourrir, La bonne femme a pris le parti de mourir. On a mis le scellé. Procureur, commissaire, Et notaire appelés pour faire l'inventaire ; Comme on n'a rien trouvé, vous comprenez fort bien Qu'en ôtant rien de rien , tout ce qui reste est rien.

GÉRONTE

C'est bien dit. Mais parlons du père de ton maître ; Tai depuis quarante ans l'honneur de le connoîtçe. Tu l'as vu? Le bon homme , à qui souvent j'écris, Ne me répond plus.

LOLIVE.

Quoi! yous en êtes surpris?

Il est bien en état!.... Chez lui plein d'allégresse, J'arrivois tout botté. Quels objets de tristresse ! fy trouve un jeune fat, suppôt de Galien.

GÉRONTE

Un médecin ?

LOLIVE.

Si|ivi d'un vieux chirurgien ,

Qu'escortoit un troisième, à face débonnaire, Qui m'a paru d'abord face d'apothicaire.

GÉRONTE

La fin de tout?

LOLIVE.

La fin? Je n'y saurois songer, Sans me sentir le cœur.... Je vais vous affliger.

G^RONTE.

Tu me donnes déjà de terribles alarmes.

LOLIVE.

Il ne tiendroit qu'à moi de répandre des larmes ; Car je suis si touché, que je me fais pitié: Quand j'aime, voyez-vous, je crève d'amitié, Et si l'on dit que non , on me fait injustice.

GÉRONTE

Ces digressions-là me mettent au supplice. Veu*-tu bien achever? Dis donc, à quel dessein Yenoient ces deux suppôts avec le médecin ? Étoient-ils appelés pour quelque maladie ?

LOLIVE.

Us venoient s'escrimer contre l'apoplexie , Dont monsieur Lysimon fortement tourmenté. . . .

GÉRONTE

Il est mort?

LOLIVE.

Non; miracle! Ils l'ont ressuscité:

Mais le hasard souvent supplée à l'ignorance. Le bon homme à la fin a repris connoissance , Mais si foible, si pâle, et si défiguré, Qu'on l'eût pris pour un mort fraîchement déterré.

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