‹ Œuvres dramatiques de N. DestouchesChapitre 18 sur 357 · G É ROUTE · texte numérisé non relu

G É ROUTE

Le pauvre homme !

LOLIVE.

Aussitôt qu'il m'a pu reconnoître 9 Il m'a dit avec peine : Hé bien ! que fait ton maître? Ce coup si peu prévu ne m'étonneroit pas , Si je pouvois, mon fils, expirer dans tes bras. Il m'embrassoit alors , croyant tenir Léandre. Je ne te verrai plus, disoit-il d'un air tendre, Je ne puis l'espérer dans l'état où je suis.

GÉRONTE, pleurant.

Ah!

LOLIVE.

Daignez m 'écouter.

GiaONTE.

Hélas! je ne le puis; La douleur me saisit.

LOLIVZ.

Suspendez-la, de grâce ; Car vous venez , Monsieur , de faire une grimace Qui m'a presque fait rire, et j'en serois fâché.

GÉROWTE.

Je suis de ton récit si vivement touché....

LOLIVE.

Oh! la vérité simple est toujours si touchante! Car vous ne croyez pas, Monsieur , que je vous mente ?

GBROIfTB,

Oh! non.

a8 LE CURIEUX IMPERTINENT.

LOUVE, (à part) (àGéronte.)

Fort bien. Malgré son accident fatal , On n'a pourtant plus rien à craindre de son mal ; U m'a même ordoqné de vous prier d'attendre Qu'il pût être lui-même aux noces de Léandre , Et par cette raison il souhaite ardemment Que vous les différiez quinze jours seulement Il croit que le plaisir d'assister à la noce, La beauté du chemin, le grand air, le carrosse, Le séjour de Paris, en6n la nouveauté, Tout cela lui rendra sa première santé : Outre qu'il a dessein de vous revoir encore.

GÉROîfTE.

Il m'obligera fort. Je l'aime et je l'honore. Un ami tel que lui n'a qu'à me commander, Et je suis toujours prêt à lui tout accorder. Enfin nous l'attendrons.

LOLIVE.

Ce qui me désespère , C'est que mon maître veut aller trouver son père Qu'il croit agonisant, malgré ce que j'ai dit. Gomme vous, il est tendre , il soupire, il gémit , Et, sans vous avertir, peut se mettre en voyage, Ce qui retarderoit encor le mariage.

GÉRONTF.

Tu parles sagement, il le faut empêcher.

Et que diantre au pays veut-il aller chercher? De nouveau se brouiller avec sa belle-mère?

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